KALEMIE, TANGANYIKA — Au site de déplacés internes de Kikongo, sur l’axe Katanika à Kalemie, des femmes et des jeunes filles affectées par les déplacements liés aux conflits tentent de renforcer leur autonomie économique à travers le maraîchage, la pâtisserie et la fabrication de savon. Après six mois d’activités, certaines bénéficiaires rapportent de premiers revenus et une amélioration progressive de leurs conditions de vie. Ces expériences sont au cœur d’un forum organisé les 16 et 17 octobre 2026 par l’Association pour la Paix et la Solidarité Communautaire (APSC). La rencontre aborde également les violences basées sur le genre (VBG) et la prévention de l’exploitation et des abus sexuels (PEAS). Cette activité s’inscrit dans le projet « Mwanamuke Imara, Jamii Imara », mis en œuvre par l’APSC sous la coordination de Christine Meddy, avec un financement du Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC), l’appui technique de First Response Fund et un partenariat mentionné avec le Canada. Réunies dans le hangar du site de Kikongo, les participantes ont échangé sur les résultats enregistrés depuis le lancement des activités du projet. Trois filières sont particulièrement mises en avant : la culture maraîchère, la pâtisserie et la savonnerie. Le maraîchage permet aux participantes concernées de développer des activités de production agricole. La pâtisserie et la savonnerie offrent, quant à elles, des possibilités de transformation et de commercialisation de produits. Selon les témoignages rapportés au cours des échanges, ces initiatives commencent à produire des revenus et contribuent progressivement à améliorer les conditions de vie de certaines bénéficiaires. Ces premiers résultats restent toutefois à apprécier dans la durée. Les informations communiquées ne précisent ni le montant des revenus obtenus ni le nombre exact de femmes ayant réussi à développer une activité économique régulière. Pour les participantes, le forum représente ainsi une occasion de partager les progrès réalisés, mais également les difficultés rencontrées dans la poursuite de leurs activités. La rencontre organisée le vendredi 16 octobre a réuni 80 participants, dont 20 couples, selon les informations communiquées par les organisateurs. La participation des conjoints constitue un aspect particulier de cette démarche. Elle vise notamment à encourager les hommes à soutenir les initiatives économiques développées par leurs épouses et à reconnaître leur contribution au fonctionnement des ménages. L’autonomisation économique des femmes peut en effet se heurter à des difficultés qui dépassent le seul accès aux formations ou aux équipements. La répartition des responsabilités familiales, l’utilisation des revenus et la reconnaissance du travail féminin peuvent également influencer les possibilités de développement d’une activité. En associant les couples aux échanges, l’APSC cherche à favoriser un environnement familial plus favorable à la poursuite des initiatives économiques des bénéficiaires. Cette démarche doit néanmoins préserver le droit des femmes à prendre des décisions concernant leurs activités et leurs ressources. Le forum ne se limite pas à la présentation des activités génératrices de revenus. Il comprend également des échanges consacrés aux violences basées sur le genre (VBG) et à la prévention de l’exploitation et des abus sexuels (PEAS). Ces thématiques revêtent une importance particulière dans les contextes de déplacement, où la précarité économique et la fragilisation des mécanismes habituels de protection peuvent accroître certains risques. La sensibilisation vise à renforcer les connaissances des participantes sur leurs droits, sur les comportements abusifs et sur l’importance de mécanismes sûrs de signalement et d’orientation. La prévention de l’exploitation et des abus sexuels implique notamment que l’accès à une aide, à une formation ou à une opportunité économique ne soit jamais conditionné à des faveurs sexuelles. Les informations communiquées ne font état d’aucun cas particulier de violence ou d’abus signalé pendant ce forum. L’activité est présentée comme une démarche de prévention et de sensibilisation. Présente à cette activité, Madame Rebecca, cheffe du site de déplacés internes de Kikongo, a salué l’initiative portée par l’APSC et ses partenaires. Elle a plaidé pour la poursuite des actions destinées à soutenir les femmes déplacées, dont beaucoup continuent de faire face à des conditions de vie difficiles. Son intervention rappelle que les formations professionnelles et les activités économiques peuvent constituer des appuis importants, sans pour autant répondre à l’ensemble des besoins des personnes déplacées. Les questions d’accès aux services essentiels, de protection, de sécurité et de stabilité des revenus restent également déterminantes. Dans ce contexte, la continuité de l’accompagnement apparaît comme un enjeu majeur pour les femmes engagées dans les activités du projet. La partie étatique était représentée par Théophile Bulembe, chef de bureau à la Division provinciale du Genre, Famille et Enfant, ainsi que par un représentant du quartier Katanika. Cette présence traduit l’association des services publics et des autorités locales aux échanges consacrés à l’autonomisation des femmes déplacées et à leur protection. La coordination entre les organisations de terrain, les structures communautaires et les services compétents peut contribuer à mieux orienter les bénéficiaires vers les dispositifs d’accompagnement disponibles. Elle peut également favoriser la prise en compte des préoccupations des femmes déplacées dans les initiatives locales de développement et de protection. Aucun nouvel engagement financier ou administratif des représentants de l’État n’a toutefois été précisé dans les informations reçues. Le projet « Mwanamuke Imara, Jamii Imara » vise à renforcer l’autonomisation socio-économique des femmes et des jeunes filles déplacées par les conflits dans l’est de la République démocratique du Congo. À Kikongo, cette ambition se traduit notamment par l’accompagnement des bénéficiaires dans trois activités économiques et par des actions de sensibilisation sur les questions de protection. Le choix de combiner l’apprentissage de métiers, les échanges d’expériences et l’implication des conjoints met en avant une approche qui ne repose pas uniquement sur la distribution d’une aide ponctuelle. Pour les bénéficiaires, l’enjeu est de pouvoir poursuivre les activités engagées, développer une clientèle, accéder aux matières premières et conserver une part suffisante des revenus générés. La durabilité de ces initiatives dépendra notamment des débouchés commerciaux, de la disponibilité des équipements et de l’accompagnement technique après la période initiale du projet. Après la première rencontre du vendredi 16 octobre, une deuxième journée était prévue le samedi 17 octobre, dans la continuité des discussions sur l’autonomisation économique, les violences basées sur le genre et la prévention de l’exploitation et des abus sexuels. Le bilan définitif de cette deuxième journée n’était pas disponible dans les informations transmises à TRACE Kalemie. Les résultats consolidés du forum permettront notamment de mieux apprécier les enseignements tirés par les participantes et les perspectives d’accompagnement envisagées par les organisateurs. Au site de Kikongo, les expériences partagées après six mois de mise en œuvre du projet montrent que les activités génératrices de revenus peuvent offrir des perspectives aux femmes déplacées, même dans un contexte de précarité. Les progrès rapportés dans le maraîchage, la pâtisserie et la savonnerie constituent des premiers signes encourageants, mais leur portée économique reste à mesurer. La poursuite de l’accompagnement, l’accès aux marchés et la prévention des violences demeurent des conditions importantes pour consolider ces acquis. Au-delà des échanges organisés dans le hangar du site, le véritable enjeu sera de permettre aux bénéficiaires de transformer leurs compétences en revenus réguliers, tout en évoluant dans un environnement respectueux de leurs droits et de leur sécurité. Car pour les femmes déplacées de Kikongo, l’autonomisation ne se résume pas à apprendre un métier : elle consiste aussi à retrouver la possibilité de construire leur avenir et celui de leurs familles. ✍️ La Rédaction | TRACE KalemieSix mois d’activités économiques : les bénéficiaires partagent leurs expériences
Vingt couples parmi les participants à la première journée
Les violences basées sur le genre et la prévention des abus au programme
La cheffe du site de Kikongo appelle à poursuivre les initiatives
La Division provinciale du Genre représentée
« Mwanamuke Imara, Jamii Imara » : renforcer les capacités au-delà de l’assistance
Une deuxième journée annoncée pour prolonger les échanges
Transformer les premiers revenus en autonomie durable
Kalemie : au site de Kikongo, des femmes déplacées reconstruisent leur autonomie grâce à trois métiers
Au site de Kikongo à Kalemie, des femmes déplacées partagent les premiers résultats de six mois d’activités économiques lors d’un forum de l’APSC consacré à l’autonomisation et à la protect...

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