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Kalemie sous pression humanitaire : plus de 50 000 déplacés enregistrés en quinze jours à la suite du conflit dans l’Est de la RDC

La ville de Kalemie fait face à un important afflux de déplacés de guerre en provenance du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Plus de 50 000 personnes ont été enregistrées en quinze jours, selon les...

Déplacés de guerre installés sur le site de Katanika 2 à Kalemie après leur fuite des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu

La ville de Kalemie, dans la province du Tanganyika, fait face à une pression humanitaire croissante à la suite de l'arrivée massive de déplacés de guerre en provenance de l'Est de la République démocratique du Congo. Selon plusieurs sources humanitaires, plus de 50 000 personnes déplacées ont été enregistrées en l'espace de quinze jours, conséquence directe de la poursuite des affrontements entre les Forces armées de la RDC et les rebelles de l'AFC/M23.

Parmi ces nouveaux arrivants figurent également des Congolais qui avaient trouvé refuge dans des camps situés au Burundi avant de regagner le territoire national dans le cadre du programme de rapatriement volontaire lancé ces derniers mois. Cependant, pour plusieurs d'entre eux, le retour dans leurs localités d'origine demeure impossible en raison de l'insécurité persistante dans certaines zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

C'est le cas de Petro, arrivé récemment sur le site de déplacés de Katanika 2, dans la ville de Kalemie. Après avoir fui les violences et trouvé refuge au Burundi lors de la prise d'Uvira par les rebelles, il espérait pouvoir regagner sa localité d'origine. Mais la situation sécuritaire l'a contraint à s'installer temporairement dans le Tanganyika avec sa famille.

« Lorsque j'ai été identifié pour le retour en RDC, je ne pouvais pas rentrer à Luvungi parce que la zone reste sous occupation. J'ai donc choisi Kalemie. Nous sommes arrivés ici avec toute la famille », témoigne-t-il.

Derrière ce déplacement se cache également un lourd traumatisme. Le père de famille affirme avoir été victime de graves violences durant la guerre. Malgré une prise en charge médicale, il indique continuer à subir les conséquences physiques et psychologiques de cette période difficile.

« Nous avons traversé beaucoup d'épreuves. Même aujourd'hui, je ne suis pas totalement rétabli. Nous essayons simplement de reconstruire notre vie », confie-t-il.

Sur le site de Katanika 2, les responsables communautaires assurent que les nouveaux arrivants bénéficient d'une orientation vers les structures sanitaires disponibles. Selon le comité des déplacés, les malades sont dirigés vers le centre de santé de Kifungo tandis que les cas les plus complexes sont référés à l'Hôpital Général de Référence.

Actuellement, le site de Katanika 2 accueille plus de 6 500 personnes déplacées ayant fui les violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les besoins restent importants, notamment en matière de santé, d'alimentation, d'accès à l'eau potable, d'abris et de protection des populations vulnérables.

Face à l'augmentation continue des arrivées, les organisations humanitaires ainsi que les autorités locales multiplient les efforts pour répondre aux besoins urgents des déplacés. Toutefois, plusieurs acteurs estiment que les capacités d'accueil sont soumises à une pression croissante alors que les mouvements de populations se poursuivent.

Pour de nombreux observateurs, la situation de Kalemie illustre les répercussions humanitaires du conflit qui secoue l'Est de la RDC depuis plusieurs années. Au-delà des affrontements militaires, ce sont des milliers de familles qui continuent de payer le prix de l'instabilité, contraintes d'abandonner leurs maisons et leurs moyens de subsistance dans l'espoir de trouver un refuge plus sûr.

Alors que les opérations humanitaires se poursuivent, les populations déplacées gardent l'espoir de voir un jour les conditions sécuritaires réunies pour permettre un retour durable dans leurs localités d'origine. En attendant, Kalemie demeure l'une des principales zones d'accueil pour les victimes de cette crise qui continue de bouleverser la vie de milliers de Congolais.

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