KALEMIE, TANGANYIKA — La situation sanitaire suscite de nouvelles inquiétudes à Kalemie, après plus de dix jours de perturbations de l’approvisionnement électrique et de difficultés d’accès à l’eau potable. Le médecin-chef de la zone de santé de Kalemie, Dr Kabwe Sangwa Jean, a alerté sur une flambée de choléra, indiquant que le Centre de traitement des maladies diarrhéiques (CTMD) comptabilise déjà 94 malades, dont 65 provenant de la zone de santé de Kalemie. Lors d’un échange avec la presse locale, le responsable sanitaire a établi un lien entre la dégradation des conditions d’approvisionnement en eau et l’augmentation des risques de contamination. Selon ses explications, les coupures prolongées d’électricité ont contraint une partie de la population à recourir à l’eau du lac Tanganyika et de la rivière Lukuga sans traitement préalable. Cette alerte intervient alors que la ville connaît encore des perturbations électriques, malgré le retour partiel du courant annoncé le 14 octobre. Elle soulève de nouvelles interrogations sur la continuité des services essentiels et sur la protection des populations contre les maladies d’origine hydrique. D’après les chiffres communiqués par le Dr Kabwe Sangwa Jean, le Centre de traitement des maladies diarrhéiques a enregistré 94 malades au moment de son intervention. Parmi ces patients, 65 proviennent de la zone de santé de Kalemie. Les autres patients ne sont pas précisément répartis par zone de provenance dans les informations communiquées. Plusieurs aires de santé urbaines sont concernées par les signalements, notamment celles de l’Hôpital général de référence, Kataki, Bwana Kutcha, Hewa Bora, Muchungaji Mwema, Clinique d’État et Martin-Ville. Ces données illustrent l’importance de l’alerte lancée par le médecin-chef de zone. Elles nécessitent toutefois une précision épidémiologique : les 94 malades comptabilisés au CTMD ne peuvent pas être assimilés automatiquement à 94 cas de choléra confirmés en laboratoire. Le nombre exact de cas confirmés, la période couverte par ces admissions et l’existence éventuelle de décès n’ont pas été précisés dans les informations transmises. Le médecin-chef de zone a particulièrement insisté sur les conséquences sanitaires des difficultés d’approvisionnement en eau. Selon lui, les interruptions d’électricité qui ont duré plus de dix jours ont poussé certains ménages à chercher d’autres sources d’eau pour leurs besoins quotidiens. Le lac Tanganyika et la rivière Lukuga figurent parmi les points d’approvisionnement utilisés par une partie des habitants. Le danger apparaît lorsque cette eau est consommée sans traitement adapté, notamment lorsqu’elle est contaminée par des matières fécales contenant la bactérie responsable du choléra. La consommation d’eau contaminée constitue l’une des principales voies de transmission de cette maladie, qui peut provoquer une diarrhée aqueuse aiguë et entraîner rapidement une déshydratation sévère. Les coupures d’électricité ne transmettent pas directement le choléra. En revanche, lorsqu’elles perturbent durablement les installations de pompage ou de distribution d’eau potable, elles peuvent contribuer à créer des conditions favorables à l’exposition des populations à une eau dangereuse. Cette distinction est essentielle pour comprendre les préoccupations exprimées par le responsable sanitaire. Les perturbations électriques enregistrées à Kalemie ont déjà soulevé des inquiétudes concernant le fonctionnement des installations de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO). La nouvelle interruption de courant signalée ce samedi 17 octobre renforce ces préoccupations. Dans une ville où les services d’approvisionnement en eau dépendent en partie de l’électricité, la continuité de l’alimentation énergétique constitue un enjeu important pour la santé publique. Le maintien des équipements essentiels, notamment ceux destinés au traitement et à la distribution d’eau, peut contribuer à réduire le recours à des sources non sécurisées. Les informations disponibles ne permettent pas encore de déterminer les mesures de secours actuellement opérationnelles ni leur capacité à maintenir la desserte pendant les interruptions électriques. Les autorités et les entreprises concernées sont ainsi attendues sur les dispositions permettant de sécuriser l’approvisionnement en eau potable pendant cette période de vigilance sanitaire. Face à la situation, le Dr Kabwe Sangwa Jean a invité la population à renforcer les mesures de prévention. Il a notamment insisté sur la nécessité d’éviter la consommation d’eau non traitée et de respecter les règles élémentaires d’hygiène. Le lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon, particulièrement après l’utilisation des toilettes et avant la préparation ou la consommation des aliments, constitue une mesure importante. Pour l’eau destinée à la boisson, les ménages doivent privilégier une source sûre. Lorsque la potabilité de l’eau n’est pas garantie, il convient de la traiter correctement, notamment par ébullition ou à l’aide de produits de désinfection adaptés, conformément aux recommandations sanitaires. Le stockage de l’eau dans des récipients propres et couverts contribue également à prévenir une nouvelle contamination. En présence d’une diarrhée aqueuse aiguë, particulièrement lorsqu’elle est abondante, une prise en charge médicale rapide est nécessaire. Une solution de réhydratation orale peut être administrée sans retarder la consultation dans une structure sanitaire. Le médecin-chef de zone a également attiré l’attention sur les risques associés à la période pluvieuse. Les fortes pluies peuvent favoriser le ruissellement des eaux souillées et la contamination de certaines sources d’approvisionnement, particulièrement dans les environnements où l’assainissement demeure insuffisant. La prévention passe donc aussi par l’entretien des installations sanitaires, la gestion des déchets, la protection des points d’eau et l’évacuation appropriée des eaux usées. Dans ce contexte, les messages de sensibilisation doivent être accessibles aux habitants des différents quartiers et relayés par les structures sanitaires, les responsables communautaires et les médias. Le renforcement de la surveillance des maladies diarrhéiques constitue également un élément essentiel pour identifier rapidement les nouveaux cas et orienter les personnes malades vers les services de prise en charge. Au cours du même échange avec la presse, le Dr Kabwe Sangwa Jean a également évoqué la situation de la Mpox dans la zone de santé de Kalemie. Selon lui, cette zone figure parmi celles où des cas de la maladie sont enregistrés. Il a notamment signalé des cas chez des personnes âgées de 14 à 35 ans. Cette indication ne signifie pas que la Mpox touche exclusivement cette tranche d’âge. La maladie peut concerner des personnes d’âges différents. Le médecin-chef a annoncé une campagne de vaccination pour la semaine suivant son intervention, avec le recours à des équipes mobiles. Le calendrier détaillé, les sites de passage des équipes et les catégories de personnes éligibles à la vaccination restent à préciser auprès des autorités sanitaires. La Mpox peut se transmettre notamment lors de contacts physiques étroits avec une personne infectée, y compris les contacts sexuels, ainsi que par contact avec des objets ou des matières contaminés. La sensibilisation doit permettre aux habitants de reconnaître les signes suspects, d’éviter les contacts à risque et de consulter les services de santé en cas de symptômes évocateurs. Le troisième volet de l’intervention du médecin-chef de zone concerne la prévention de la poliomyélite. Le Dr Kabwe Sangwa Jean a annoncé une campagne de vaccination prévue du 5 au 7 novembre 2026, destinée aux enfants âgés de 0 à 59 mois. Cette campagne doit être organisée selon la stratégie de porte-à-porte, afin de faciliter l’accès des enfants concernés à la vaccination. Le responsable sanitaire a invité les parents et les responsables des ménages à se rendre disponibles pendant cette période pour permettre le passage des équipes de vaccination. La poliomyélite est une maladie virale qui peut entraîner une paralysie irréversible. La vaccination constitue un moyen essentiel de prévention. La mobilisation des familles, des relais communautaires et des structures sanitaires sera donc importante pour atteindre les enfants ciblés par la campagne. À travers ses différentes interventions, le médecin-chef de la zone de santé de Kalemie appelle à une mobilisation collective autour de la prévention. La flambée de choléra signalée exige une attention particulière à la qualité de l’eau consommée et à l’hygiène. La Mpox nécessite une sensibilisation adaptée et la préparation des activités de vaccination annoncées. Quant à la poliomyélite, sa prévention repose notamment sur la vaccination des enfants. Ces trois défis sanitaires ne présentent pas les mêmes modes de transmission ni les mêmes mesures de prise en charge, mais ils soulignent l’importance d’un système de santé capable d’informer rapidement les populations et d'organiser les interventions nécessaires. Dans le cas du choléra, la situation met aussi en évidence le rôle essentiel de l’approvisionnement en eau potable. Alors que Kalemie continue de connaître des difficultés électriques, l’alerte du Dr Kabwe Sangwa Jean rappelle que l’accès à l’eau sûre ne relève pas seulement du confort quotidien : il constitue une condition fondamentale de protection de la santé. Pour les habitants, l’urgence est désormais double : retrouver une desserte fiable en eau potable et appliquer les mesures de prévention afin de limiter les risques de nouvelles contaminations. ✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie94 malades au centre de traitement, dont 65 issus de la zone de santé de Kalemie
La pénurie d’électricité et d’eau potable au cœur des préoccupations
La REGIDESO et la SNEL face à un enjeu de santé publique
Le médecin-chef appelle à éviter toute consommation d’eau non traitée
La saison des pluies appelle à une vigilance renforcée
Mpox : une campagne de vaccination annoncée pour la semaine suivante
Poliomyélite : vaccination des enfants du 5 au 7 novembre
Trois défis sanitaires, une même nécessité de mobilisation
Kalemie : 94 malades recensés au centre de traitement, le médecin-chef alerte sur la flambée de choléra
À Kalemie, le médecin-chef de zone signale 94 malades au centre de traitement, dont 65 de sa zone de santé, et alerte sur les risques liés à l’eau non traitée.

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