KALEMIE — Cette fois, l’annonce est devenue réalité. Depuis ce samedi 3 octobre 2026, Kalemie fait face à une importante perturbation de son alimentation électrique après la mise à l’arrêt programmée du groupe principal n°2 de la centrale hydroélectrique de Bendera. La Société nationale d’électricité (SNEL) avait prévenu quelques jours auparavant que cette opération commencerait le 3 octobre à 06h05 TU, soit 08h05 à Kalemie. Elle doit durer dix jours, jusqu’au 12 octobre, afin de permettre le reconditionnement de la roue Pelton du groupe concerné. À Kalemie, l’arrêt annoncé est désormais perceptible. Mais au-delà des maisons plongées dans l’obscurité, une préoccupation beaucoup plus large commence à gagner les habitants : comment la ville va-t-elle fonctionner pendant cette période si l’électricité reste fortement perturbée ? Pour les ménages, l’électricité ne sert pas uniquement à l’éclairage. Une partie importante de la vie économique et sociale de Kalemie dépend directement de sa disponibilité. Petits commerces, ateliers de soudure, salons de coiffure, moulins, services informatiques, imprimeries, chambres froides, restaurants et plusieurs autres activités utilisent quotidiennement l’énergie électrique. Une interruption prolongée peut contraindre les opérateurs disposant de groupes électrogènes à se tourner vers le carburant, avec des coûts supplémentaires, tandis que ceux qui ne disposent pas d’une source alternative risquent de réduire ou suspendre leurs activités. Kalemie en a déjà fait l’expérience. En août 2024, une panne électrique liée à Bendera avait ralenti plusieurs activités économiques dans la ville. Au-delà des activités économiques, une question revient avec insistance : qu’en sera-t-il de l’approvisionnement en eau potable ? Cette préoccupation n’est pas sans précédent. À Kalemie, des coupures prolongées de courant ont déjà eu des répercussions directes sur les installations de la REGIDESO. En juillet 2024, une interruption électrique avait notamment perturbé l’approvisionnement en eau potable de la ville. Le responsable local de la REGIDESO expliquait alors que la station de pompage avait besoin d’énergie pour fonctionner et que le groupe électrogène de secours connaissait lui-même une panne. Quelques mois auparavant, en janvier 2024, Kalemie avait également connu simultanément une absence d’électricité et une pénurie d’eau. Ces précédents expliquent pourquoi l’arrêt actuel du groupe de Bendera suscite des interrogations qui dépassent largement la seule question de l’éclairage. À ce stade, il serait prématuré d’affirmer que toute la ville restera sans eau pendant les dix jours de travaux. La question essentielle est plutôt de savoir quelles dispositions techniques ont été prises par la REGIDESO pour maintenir le captage, le traitement, le pompage et la distribution de l’eau si l’alimentation électrique normale reste indisponible. La capacité des éventuels groupes électrogènes de secours, leur état de fonctionnement ainsi que la disponibilité du carburant deviennent ainsi des éléments importants pour la continuité du service. Une communication de la REGIDESO sur son dispositif pendant les travaux de Bendera permettrait de rassurer les ménages et de préciser les secteurs qui pourraient éventuellement être affectés. Le risque d’une perturbation de la distribution d’eau est particulièrement sensible dans une ville où certains quartiers rencontrent déjà des difficultés d’approvisionnement. Ces derniers jours encore, des habitants de Kaseke ont rapporté à TRACE Kalemie être contraints de recourir directement à l’eau de la rivière Lukuga pour certains besoins, faute d’un accès suffisant à l’eau potable. Une aggravation de la desserte pourrait pousser davantage de familles vers les puits, les forages privés, le lac Tanganyika ou les cours d’eau. Cette éventualité soulève une question sanitaire importante lorsque l’eau utilisée pour la consommation n’a pas subi un traitement approprié. La SNEL n’a toutefois pas annoncé un abandon total de la ville pendant les travaux. Selon son communiqué, un groupe électrogène de 500 kVA installé au poste haute tension de Lukuga doit servir à alimenter certains points stratégiques de Kalemie pendant l’arrêt du groupe n°2. La SNEL n’a pas indiqué dans le communiqué initial que ce groupe serait capable d’alimenter normalement l’ensemble de la ville. Il s’agit d’un dispositif destiné en priorité aux points considérés comme stratégiques. La publication de la liste de ces points et des modalités de leur alimentation permettrait à la population de mieux comprendre l’étendue réelle du dispositif de secours. L’arrêt de Bendera n’est pas présenté par la SNEL comme une panne imprévue. Il s’agit d’une intervention technique programmée sur la roue Pelton du groupe principal n°2. Le reconditionnement de cet équipement vise à permettre la poursuite du fonctionnement de la centrale. La maintenance d’un équipement de production électrique peut nécessiter son immobilisation temporaire. Le débat pour les habitants porte donc moins sur la nécessité de réparer l’équipement que sur la gestion des conséquences de son arrêt pendant dix jours. Prévenir la population à l’avance constituait une première étape. Garantir autant que possible la continuité des services essentiels pendant les travaux en constitue désormais une autre. La SNEL prévoit la fin des travaux et le rétablissement complet de la tension sur l’ensemble du réseau le lundi 12 octobre 2026, sous réserve d’imprévu. À compter de ce samedi, le respect de ce calendrier sera particulièrement suivi par les habitants. Durant ces dix jours, les enjeux seront multiples : progression des travaux à Bendera, fonctionnement du dispositif électrique de secours, maintien des activités essentielles et surtout capacité de la REGIDESO à continuer d’approvisionner les ménages en eau potable. Une information régulière de la SNEL et de la REGIDESO permettrait d’éviter que les habitants restent dans l’incertitude jusqu’au 12 octobre. La question résume une grande partie de l’inquiétude exprimée dans la ville. Une famille peut temporairement s’organiser autrement pour l’éclairage. Pour l’eau potable, la marge de manœuvre est beaucoup plus limitée. L’enjeu des prochains jours sera donc de déterminer si les dispositifs prévus permettront à Kalemie de traverser cette période sans que la perturbation électrique ne se transforme en crise d’approvisionnement en eau ou en paralysie prolongée de certaines activités. Pour l’heure, une chose est certaine : le compte à rebours annoncé par la SNEL a commencé. La ville attend désormais le 12 octobre et, surtout, le retour effectif de son alimentation électrique normale. ✍️ La Rédaction | TRACE KalemieLe courant, moteur de nombreuses activités à Kalemie
Mais l’inquiétude majeure concerne désormais l’eau
Dix jours : comment la REGIDESO va-t-elle assurer la desserte ?
La crainte d’un retour vers le lac et les cours d’eau
Un groupe de 500 kVA annoncé pour les points stratégiques
Une opération nécessaire, mais dix jours à gérer
Une ville suspendue au calendrier de Bendera
Kalemie peut supporter le noir, mais peut-elle supporter le manque d’eau ?
Kalemie dans le noir : dix jours sans courant, l’inquiétude gagne les habitants et la question de l’eau se pose
Depuis ce samedi 3 octobre, Kalemie subit l’arrêt programmé du groupe principal n°2 de Bendera. Au-delà du noir, les habitants redoutent dix jours difficiles pour les activités économiques...
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