KALEMIE — Des habitants de Katibili et des localités environnantes, dans le territoire de Kalemie, lancent un cri d’alarme contre ce qu’ils présentent comme des tracasseries au niveau du poste de Mutakuya. Selon des témoignages recueillis vendredi, des agents présentés comme appartenant à la Direction générale de migration (DGM) exigeraient le paiement de 1 000 francs congolais à chaque piéton qui franchit ce point de contrôle. Les habitants interrogés affirment que cette somme leur serait réclamée sous le motif de « frais de migration ». À ce stade, TRACE Kalemie n’a pas pu obtenir de document officiel établissant la base légale d’une perception systématique de 1 000 FC auprès des piétons à cet endroit. La DGM locale n’a pas encore livré, dans les éléments dont dispose notre rédaction, sa version des faits sur ces accusations. La principale contestation des habitants concerne le caractère systématique qu’aurait cette perception. D’après leurs témoignages, il ne s’agirait pas uniquement d’un contrôle d’identité ou d’un contrôle migratoire : le franchissement du poste par un piéton donnerait lieu à la demande de 1 000 FC. Pour une population qui emprunte régulièrement cet axe pour ses déplacements quotidiens, la répétition d’une telle dépense peut représenter une charge supplémentaire. Les personnes interrogées demandent donc aux autorités provinciales et aux responsables de la DGM de vérifier les pratiques observées au poste de Mutakuya et de préciser publiquement quels paiements sont légalement exigibles à cet endroit. La question centrale soulevée par cette dénonciation est celle de la base réglementaire de la somme réclamée. La DGM est effectivement compétente en matière de gestion et de contrôle des mouvements migratoires. Selon sa présentation officielle, elle assure notamment la surveillance des frontières terrestres, aériennes et maritimes ainsi que la régulation des entrées et sorties du territoire national. Ses missions comprennent également la police des étrangers et l’application des règles relatives à l’immigration et à l’émigration. Ces compétences ne suffisent cependant pas, à elles seules, à établir l’existence d’un droit de 1 000 FC applicable à chaque piéton circulant au niveau de Mutakuya. TRACE Kalemie n’a trouvé, dans les sources officielles consultées, aucune grille tarifaire ou disposition permettant de confirmer cette perception telle qu’elle est décrite par les habitants. Les principes déontologiques publiés sur le site officiel de la Direction générale de migration apportent un élément important à ce débat. Dans les règles relatives à l’honnêteté de ses agents, la DGM indique qu’un officier doit s’abstenir de percevoir des sommes qui ne sont pas dues ou qui dépassent celles prévues par la législation et la réglementation. Cette règle ne permet pas, à elle seule, de conclure que les agents présents à Mutakuya commettent une perception illégale. Une telle conclusion nécessiterait notamment de vérifier les quittances délivrées, le texte tarifaire éventuellement invoqué, l’identité des agents concernés et les instructions administratives applicables à ce poste. Elle renforce toutefois la nécessité d’une clarification officielle sur les 1 000 FC dénoncés par les habitants. La plainte exprimée à Mutakuya intervient dans un contexte où les perceptions sur les routes du Tanganyika ont déjà suscité plusieurs contestations en 2026. En juillet, des organisations de la société civile, des commerçants et des transporteurs avaient dénoncé la multiplication des taxes, barrières et autres frais sur l’axe Manono–Nyunzu–Kalemie. À la suite des protestations concernant notamment les tarifs du péage, le gouvernement provincial avait annoncé leur révision et des contrôles destinés à lutter contre les perceptions abusives. Le cas de Mutakuya concerne cependant une accusation différente et précise : une somme qui serait réclamée aux personnes circulant à pied et présentée comme des « frais de migration ». Cette allégation nécessite donc une vérification spécifique. Une intervention des services compétents pourrait permettre d’établir rapidement les faits. Il s’agirait notamment de déterminer si une quittance officielle est délivrée pour chaque paiement, quelle administration bénéficie de cette recette, quel texte en fixe le montant et quelles catégories d’usagers sont légalement concernées. Si la perception est réglementaire, la publication du texte et de la grille tarifaire permettrait aux habitants d’en comprendre la justification. Si, en revanche, aucun texte n’autorise la perception décrite, les autorités compétentes auraient à prendre les mesures nécessaires pour y mettre fin et établir les responsabilités éventuelles. À Katibili et dans les environs, les habitants souhaitent avant tout pouvoir circuler sans être soumis à des paiements dont ils disent ne pas comprendre la justification. Ils appellent les autorités provinciales ainsi que la hiérarchie de la DGM à se pencher sur la situation au poste de Mutakuya. Une réaction officielle de la Direction générale de migration permettrait notamment de préciser si les « frais de migration » de 1 000 FC évoqués par les habitants existent dans sa tarification et, dans le cas contraire, de clarifier les instructions données à ses agents présents sur cet axe. En attendant cette clarification, les accusations rapportées par la population restent des témoignages qui doivent être confrontés à la version de la DGM et aux textes réglementaires applicables. ✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie1 000 FC réclamés même aux piétons, selon les habitants
Quelle est la base légale de ces « frais de migration » ?
La DGM elle-même interdit les perceptions indues
Les usagers de plusieurs axes ont déjà dénoncé des tracasseries
Vérifier les quittances et les textes applicables
Les habitants demandent l’intervention des autorités
Kalemie : à Mutakuya, des habitants dénoncent le paiement présumé de 1 000 FC imposé aux piétons par des agents de la DGM
À Mutakuya, des habitants de Katibili dénoncent une perception présumée de 1 000 FC auprès des piétons par des agents de la DGM et demandent aux autorités d’en vérifier la base légale.

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