KINSHASA, 12 août 2026 — Le Conseil des Sages de la Force du Progrès de l’UDPS/TSHISEKEDI a rendu publique une mise au point en réaction aux récentes déclarations de certains acteurs de l’opposition qui feraient de la dissolution de cette structure une condition à leur participation à un éventuel dialogue national en République démocratique du Congo.
Dans sa déclaration, le Conseil des Sages estime que la question ne peut être examinée uniquement sous l’angle des revendications politiques. Il considère que toute éventuelle démarche visant la disparition d’une structure doit tenir compte de sa nature juridique, du fondement légal invoqué ainsi que de la compétence de l’autorité appelée à prendre une telle décision.
La Force du Progrès présentée comme un mouvement politique informel
Le Conseil des Sages rappelle que la Force du Progrès est, selon sa propre présentation, un mouvement politique informel rattaché à l’UDPS/TSHISEKEDI. Il soutient qu’elle ne constitue ni une institution de la République, ni une force publique, ni une personne morale de droit public.
À partir de cette lecture, le Conseil estime qu’une demande de dissolution ne pourrait produire d’effets juridiques sur la seule base d’une exigence formulée dans le cadre d’un débat politique. Il considère qu’il faudrait préalablement identifier les dispositions légales applicables et déterminer quelle institution disposerait réellement de la compétence nécessaire pour intervenir.
Cette argumentation constitue toutefois la position du Conseil des Sages. L’interprétation définitive du droit applicable et des compétences institutionnelles revient aux autorités et juridictions compétentes de la République.
Le Conseil rejette les amalgames autour des incidents rapportés
La mise au point revient également sur plusieurs incidents récemment rapportés et impliquant des acteurs ou structures politiques. Le Conseil des Sages conteste toute attribution automatique de ces faits à la Force du Progrès ou à l’ensemble de ses membres.
Selon lui, toute responsabilité devrait être établie à partir des faits précis, de l’identité des auteurs présumés et de leur éventuelle appartenance effective à la structure.
Le Conseil estime ainsi qu’une personne ne devrait pas être considérée comme représentant automatiquement toute une organisation uniquement parce qu’elle se réclame de celle-ci ou lui est politiquement associée.
Des responsabilités qui doivent rester individuelles
Dans sa déclaration, le Conseil rappelle également qu’aucun individu ne peut utiliser le nom de la Force du Progrès pour justifier des actes contraires aux lois de la République.
Il soutient que lorsqu’une infraction est commise, les responsabilités doivent être établies individuellement et les personnes concernées doivent répondre de leurs actes devant les services et juridictions compétents.
Cette position vise notamment à distinguer la responsabilité pénale éventuelle d’un individu de celle d’une organisation dans son ensemble.
La question du dialogue national au centre du débat
Cette mise au point intervient alors que l’éventualité d’un dialogue national continue d’alimenter le débat politique en République démocratique du Congo. Certains acteurs de l’opposition évoquent différentes conditions susceptibles d’être posées avant leur participation à un tel processus.
Le Conseil des Sages affirme, pour sa part, que toute initiative de dialogue devrait respecter la Constitution, les lois de la République, les institutions et les principes de l’État de droit.
Il estime qu’une revendication politique, même formulée dans le cadre d’une négociation, ne peut à elle seule modifier les compétences attribuées aux institutions publiques par les textes en vigueur.
Privilégier les faits et les mécanismes institutionnels
À travers cette déclaration, le Conseil des Sages invite les différentes parties à privilégier l’établissement des faits, l’identification des responsabilités et le recours aux mécanismes institutionnels et judiciaires prévus par la loi.
Il appelle notamment à éviter les généralisations qui pourraient conduire à attribuer les actes de certaines personnes à l’ensemble des membres d’une organisation politique.
Le débat autour de la Force du Progrès pose ainsi plusieurs questions : quel est exactement son statut juridique ? Sur quelles bases une éventuelle dissolution pourrait-elle être envisagée ? Et dans quelle mesure les actes reprochés à certains individus peuvent-ils engager la responsabilité de la structure elle-même ?
Un dossier appelé à rester au cœur de l’actualité politique
La mise au point du Conseil des Sages constitue ainsi la réponse de la Force du Progrès aux appels à sa dissolution. Elle ne met cependant pas fin au débat, les acteurs de l’opposition concernés pouvant à leur tour défendre leurs arguments politiques et juridiques.
Dans un contexte où la perspective d’un dialogue national continue de susciter plusieurs prises de position, l’enjeu sera de distinguer clairement les revendications politiques des décisions relevant des institutions compétentes.
La suite de ce dossier dépendra notamment des positions officielles des différentes parties, de l’évolution des discussions politiques et, le cas échéant, de toute décision prise par les autorités ou juridictions compétentes conformément aux lois de la République.
✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie















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