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Kalemie : privés d’eau, des habitants se tournent vers le lac Tanganyika

La crise énergétique prend une nouvelle dimension à Kalemie. Ce mardi 6 octobre 2026, de nombreux habitants, hommes et femmes, sont contraints de se rendre au lac Tanganyika pour chercher d...

Habitants de Kalemie venus chercher de l’eau au lac Tanganyika pendant la pénurie qui touche plusieurs quartiers
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KALEMIE — Bidons à la main, hommes et femmes se dirigent vers le lac Tanganyika. Ce mardi 6 octobre 2026, cette scène est devenue une réalité pour de nombreux habitants de Kalemie confrontés au manque d’eau dans leurs ménages.


Depuis l’arrêt du groupe principal n°2 de la centrale hydroélectrique de Bendera, la crise de l’électricité a progressivement entraîné une autre difficulté beaucoup plus vitale : l’accès à l’eau potable.


Dans plusieurs quartiers, les robinets restent à sec. Pour certaines familles, il ne reste plus qu’une solution immédiate : descendre au lac pour remplir des bidons et ramener de l’eau à la maison.


Mais derrière ces scènes se pose désormais une question plus sensible. Un groupe électrogène de secours de 500 kVA, annoncé par la SNEL avant l’arrêt de Bendera, a été mis en service dimanche 5 octobre. Pourtant, ce que TRACE Kalemie constate sur le terrain ne correspond pas au dispositif initialement présenté à la population.


Une ville au bord du lac à la recherche d’eau


Ce mardi, le problème n’est plus seulement l’absence d’électricité.


Pour de nombreux ménages, la première préoccupation est devenue de trouver suffisamment d’eau pour boire, préparer les repas, laver les ustensiles et assurer l’hygiène quotidienne.


Sur les rives du lac Tanganyika, des habitants viennent avec différents récipients. Hommes et femmes participent à cette recherche d’eau devenue indispensable depuis que la desserte s’est fortement perturbée.


Cette situation est particulièrement difficile pour les ménages qui ne disposent ni de citerne, ni de forage, ni de moyens financiers suffisants pour acheter quotidiennement de l’eau.


La coupure d’électricité est ainsi devenue une double souffrance : vivre sans courant et chercher soi-même de l’eau.


Tout avait pourtant été annoncé avant l’arrêt de Bendera


L’interruption actuelle n’était pas imprévue.


Dans son message n° DPS/PTB/024/2026 du 30 septembre, la Division Production et Transport Bendera de la SNEL avait annoncé l’arrêt du groupe principal n°2 à partir du 3 octobre pour des travaux de reconditionnement de sa roue Pelton.


La durée prévisionnelle des travaux avait été fixée à dix jours, soit jusqu’au 12 octobre, sauf imprévu.


La même communication prévoyait une solution de secours pour certains services de la ville.



« Les points stratégiques de la ville de Kalemie seront alimentés par le groupe électrogène 500 kVA, installé au poste haute tension de Lukuga. »



Cette précision était importante : la SNEL n’avait pas annoncé que le groupe pourrait alimenter tous les ménages. Elle avait cependant assuré que les points considérés comme stratégiques bénéficieraient de l’énergie disponible.


Le groupe de 500 kVA fonctionne depuis dimanche


Après les premières journées passées dans le noir, le groupe électrogène de 500 kVA a finalement été mis en service dimanche 5 octobre, selon les informations et constats recueillis par TRACE Kalemie.


Mais c’est à partir de ce moment que le décalage entre l’annonce officielle et la réalité observée sur le terrain devient particulièrement visible.


Contrairement à ce qui avait été annoncé concernant l’alimentation des points stratégiques, le constat effectué par TRACE Kalemie montre que le courant produit par ce groupe bénéficie notamment à certaines autorités.


Dans le même temps, la population reste largement privée d’électricité.


Plus préoccupant encore, la crise de l’eau se poursuit.


Des autorités alimentées, mais toujours pas d’eau pour la population


Le problème ne réside pas dans le fait qu’un responsable public puisse avoir besoin d’électricité pour assurer certaines fonctions.


La question porte plutôt sur l’ordre des priorités dans une ville confrontée à une puissance électrique de secours très limitée.


Lorsque la population est privée d’eau au point de devoir descendre au lac Tanganyika avec des bidons, la continuité du service de production et de distribution d’eau devient elle-même une urgence.


Or, au 6 octobre, la REGIDESO ne parvient toujours pas à assurer normalement l’approvisionnement de la population dans plusieurs quartiers.


La réalité observée est donc difficile pour les habitants : certaines autorités disposent du courant de secours, tandis que de nombreuses familles restent à la fois sans électricité et sans eau.


Que signifie réellement « point stratégique » ?


La situation pose désormais une question que la SNEL devrait clarifier publiquement : quels sont exactement les « points stratégiques » auxquels faisait référence son message du 30 septembre ?


TRACE Kalemie ne dispose pas d’une liste officielle détaillée de ces points.


Mais au regard de la crise actuelle, la population est en droit de s’interroger sur la place accordée à la production et à la distribution d’eau potable dans cette hiérarchisation.


Un hôpital a besoin d’électricité. Certains services de sécurité ou de communication peuvent également nécessiter une alimentation continue.


Mais l’eau potable concerne directement des milliers de ménages et constitue un besoin vital.


Pourquoi la REGIDESO n’est-elle pas alimentée en priorité ?


C’est désormais l’une des principales interrogations soulevées par la situation.


La REGIDESO dépend de l’électricité pour faire fonctionner ses équipements de captage, de traitement, de pompage et de distribution.


Si le groupe électrogène de 500 kVA ne peut pas alimenter simultanément tous les services, quels critères ont été utilisés pour répartir la puissance disponible ?


Et surtout, quelle solution a été prévue pour permettre à la REGIDESO de continuer à fournir de l’eau pendant les dix jours d’arrêt programmé de Bendera ?


Au regard de la situation observée ce mardi, cette continuité n’est pas assurée normalement.


La population subit une double peine


Pour les habitants, les conséquences s’accumulent.


Sans électricité, plusieurs activités économiques sont déjà perturbées : ateliers, salons, petits commerces, services informatiques, conservation de certains produits et autres activités dépendantes du courant.


À cette perte s’ajoute désormais la recherche quotidienne de l’eau.


Et toutes les familles ne disposent pas des mêmes possibilités pour traverser cette crise.


Les personnes disposant de moyens financiers peuvent acheter de l’eau, recourir à certaines installations privées ou trouver d’autres solutions temporaires.


Les ménages les plus vulnérables, eux, doivent souvent se déplacer physiquement jusqu’à une source disponible.


À Kalemie, cette source est aujourd’hui, pour plusieurs familles, le lac Tanganyika.


Une question d’équité dans la gestion de la crise


C’est cette différence qui nourrit aujourd’hui l’incompréhension.


Voir certaines autorités bénéficier de l’électricité produite par le groupe de secours pendant que des familles restent dans le noir et doivent aller chercher de l’eau au lac donne à la crise une dimension sociale supplémentaire.


TRACE Kalemie ne dispose d’aucun élément permettant d’affirmer qu’il y aurait détournement du groupe électrogène ou utilisation irrégulière de l’électricité disponible.


Le constat de terrain soulève néanmoins une question légitime sur les priorités retenues dans l’utilisation de ces 500 kVA.


Lorsqu’une ressource est insuffisante pour tout le monde, sa répartition devient une question d’intérêt public.


Et si la REGIDESO disposait de sa propre solution de secours ?


La crise relance également la question de l’autonomie énergétique de la REGIDESO à Kalemie.


Une interruption de dix jours avait été annoncée à l’avance. La population peut donc légitimement demander quelles dispositions avaient été prises pour maintenir un minimum de production d’eau pendant cette période.


Des habitants s’interrogent notamment sur l’existence ou non d’un groupe électrogène suffisamment puissant permettant à la REGIDESO de faire fonctionner ses installations essentielles lorsque la SNEL n’est pas disponible.


Certains estiment que les recettes générées par le paiement des factures devraient contribuer à renforcer les capacités de secours du service.


Sans données financières et techniques de la REGIDESO, il serait toutefois imprudent d’affirmer qu’un groupe capable de couvrir ses besoins pourrait être financé uniquement à partir des recettes locales.


La question mérite néanmoins une réponse de l’entreprise : quelles solutions autonomes existent actuellement et lesquelles sont nécessaires pour éviter qu’une prochaine coupure électrique ne provoque à nouveau une pénurie d’eau ?


Le recours au lac pose un problème sanitaire


Au-delà de la fatigue imposée aux ménages, la situation comporte un enjeu sanitaire.


L’eau puisée directement dans le lac ne doit pas être automatiquement considérée comme potable simplement parce qu’elle paraît claire.


Une eau de surface peut être contaminée par des agents pathogènes et présenter un risque lorsqu’elle est consommée sans traitement approprié.


Diarrhées, infections intestinales et autres maladies hydriques peuvent notamment être favorisées lorsque l’accès à une eau sûre et à de bonnes conditions d’hygiène se détériore.


Le choléra circule déjà dans le Tanganyika


Cette situation intervient dans un contexte sanitaire qui appelle à la vigilance.


Dans la zone de santé d’Ankoro, territoire de Manono, plus de 200 cas de choléra et cinq décès ont récemment été rapportés.


Les responsables sanitaires locaux ont notamment évoqué les difficultés d’accès à l’eau potable et le recours à une eau de surface non traitée parmi les facteurs préoccupants.


La situation d’Ankoro ne signifie pas qu’une flambée similaire est actuellement en cours à Kalemie.


Elle rappelle toutefois pourquoi une pénurie prolongée d’eau potable ne peut pas être considérée comme un simple désagrément.


Kalemie ne doit pas attendre une crise sanitaire


Le défi est donc d’agir avant que la situation ne produise des conséquences sanitaires plus importantes.


Des solutions temporaires peuvent être envisagées pendant la période de travaux : alimentation prioritaire des équipements indispensables de la REGIDESO lorsque cela est techniquement possible, mobilisation de groupes électrogènes supplémentaires, distribution d’eau potable dans les quartiers les plus touchés ou autres dispositifs d’urgence adaptés aux capacités locales.


La nature exacte de la solution relève des services techniques compétents.


Mais laisser pendant plusieurs jours une partie importante de la population dépendre directement du lac ne peut pas constituer une réponse durable.


La SNEL doit expliquer l’utilisation des 500 kVA


La première clarification attendue concerne désormais la SNEL.


Puisque l’entreprise avait elle-même annoncé que le groupe de 500 kVA alimenterait les points stratégiques, elle devrait préciser quels sites sont actuellement raccordés.


Cette transparence permettrait également de connaître la puissance réellement disponible, les contraintes techniques du dispositif et les raisons pour lesquelles certains services essentiels ne bénéficient pas d’une alimentation suffisante.


Il ne s’agit pas d’exiger que 500 kVA alimentent toute une ville. Une telle attente serait irréaliste.


Il s’agit de savoir comment cette capacité limitée est répartie.


La REGIDESO également attendue


La REGIDESO devrait de son côté expliquer pourquoi la desserte est fortement perturbée et quelles dispositions sont prises pour les jours qui restent avant la fin annoncée des travaux de Bendera.


Les habitants ont notamment besoin de savoir si l’entreprise manque uniquement d’électricité ou si d’autres contraintes techniques affectent également la production et la distribution.


Une communication précise permettrait d’éviter les rumeurs et d’indiquer aux ménages quand et comment une amélioration peut être attendue.


Encore plusieurs jours avant le retour annoncé de Bendera


Selon le calendrier communiqué par la SNEL, les travaux doivent se poursuivre jusqu’au lundi 12 octobre, sauf imprévu.


Ce mardi 6 octobre, Kalemie n’est donc même pas encore arrivée au terme de la période annoncée.


Si aucune solution intermédiaire n’est trouvée pour l’eau, plusieurs jours supplémentaires pourraient devenir particulièrement difficiles pour les ménages concernés.


Une ville entourée d’eau, mais des robinets secs


Il y a enfin une image qui résume la situation.


Kalemie se trouve au bord du lac Tanganyika, l’une des plus importantes réserves d’eau douce du continent.


Pourtant, ce 6 octobre, des habitants doivent marcher jusqu’à ce même lac avec leurs bidons parce que l’eau n’arrive plus normalement à leurs robinets.


Le problème n’est donc pas l’absence d’eau dans l’environnement de la ville.


Il réside dans la capacité à la capter, la traiter, la pomper et la distribuer jusqu’aux ménages.


Et lorsque cette chaîne dépend de l’électricité, la question de savoir qui doit être prioritairement alimenté pendant une crise énergétique devient essentielle.


Une question simple reste posée


La SNEL avait annoncé que les points stratégiques seraient alimentés.


Le groupe de 500 kVA fonctionne désormais.


Sur le terrain, TRACE Kalemie constate que certaines autorités bénéficient de cette électricité tandis que la population reste largement dans le noir et que de nombreux habitants doivent chercher de l’eau au lac.


Le constat ne suffit pas à établir pourquoi cette répartition a été faite. Mais il suffit pour poser une question d’intérêt public :


dans une ville où des familles manquent d’eau, l’approvisionnement en eau potable ne devrait-il pas être considéré comme l’une des toutes premières priorités stratégiques ?


La réponse est désormais attendue de la SNEL, de la REGIDESO et des autorités compétentes.


✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie


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