KALEMIE, 3 août 2026 — Capitale de la province du Tanganyika, Kalemie connaît depuis plusieurs années une croissance démographique et économique importante. De nouvelles infrastructures voient le jour, des quartiers s'étendent progressivement et les activités commerciales se multiplient. Pourtant, un problème continue de ternir l'image de la ville : l'insalubrité. Dans plusieurs artères, les caniveaux encombrés de déchets, les eaux stagnantes, les herbes envahissantes et les dépôts sauvages d'ordures offrent un spectacle qui suscite de nombreuses réactions au sein de la population.
À travers différents quartiers, les habitants expriment leur inquiétude face à une situation qu'ils estiment préoccupante. Beaucoup regrettent que le chef-lieu du Tanganyika donne une image peu valorisante aux visiteurs, aux investisseurs et aux partenaires qui arrivent dans la province. Pour eux, une ville propre constitue non seulement un signe de bonne gouvernance, mais également un facteur essentiel de santé publique et de développement.
Des caniveaux transformés en dépotoirs
Dans plusieurs avenues, les caniveaux destinés à évacuer les eaux de pluie sont aujourd'hui encombrés par des déchets ménagers, des plastiques, du sable et d'autres détritus. Cette situation réduit leur capacité d'évacuation et augmente les risques d'inondation lors des fortes pluies.
Des habitants affirment que certains caniveaux ne sont plus entretenus depuis plusieurs mois. À certains endroits, les herbes poussent au milieu des ouvrages, tandis que les déchets s'accumulent progressivement sans être évacués. Cette réalité donne une impression d'abandon qui alimente les critiques de nombreux citoyens.
Une menace pour la santé publique
Au-delà de l'aspect esthétique, l'insalubrité constitue un véritable enjeu sanitaire. Les eaux stagnantes favorisent la prolifération des moustiques, principaux vecteurs du paludisme, tandis que les déchets abandonnés peuvent attirer des insectes et d'autres animaux susceptibles de transmettre certaines maladies.
Les professionnels de santé rappellent régulièrement que l'assainissement constitue l'un des moyens les plus efficaces de prévenir plusieurs maladies. Une ville propre contribue à améliorer les conditions de vie de la population et à réduire les risques sanitaires, notamment chez les enfants.
Qui doit agir ?
Une question revient fréquemment dans les discussions des habitants : qui attend qui pour commencer ? Certains estiment que les autorités devraient intensifier les opérations d'assainissement et améliorer les mécanismes de collecte des déchets. D'autres rappellent que la responsabilité est également citoyenne, puisque de nombreux déchets sont jetés directement dans les caniveaux ou sur la voie publique.
Plusieurs observateurs considèrent que la solution passe par une responsabilité partagée. Les pouvoirs publics, les communes, les services spécialisés, les organisations de la société civile, les écoles, les entreprises et les citoyens ont chacun un rôle à jouer pour améliorer durablement la propreté de la ville.
Le chef-lieu de la province doit montrer l'exemple
Pour de nombreux habitants, si le chef-lieu de la province présente déjà des difficultés d'assainissement, la situation pourrait être encore plus complexe dans certains territoires où les moyens disponibles sont souvent plus limités. Ils estiment que Kalemie devrait servir d'exemple en matière de gestion des déchets, d'entretien des espaces publics et de protection de l'environnement.
Une capitale provinciale propre constitue également un atout pour attirer les investisseurs, développer le tourisme et renforcer l'image positive de la province à l'échelle nationale et internationale.
Faire de l'assainissement une priorité permanente
Au lieu d'interventions ponctuelles, plusieurs citoyens souhaitent la mise en place d'une véritable politique permanente d'assainissement. Ils proposent notamment le curage régulier des caniveaux, l'installation de points de collecte des déchets, le renforcement des campagnes de sensibilisation et l'application des mesures prévues contre les comportements qui contribuent à la dégradation de l'environnement.
Des initiatives communautaires comme les travaux de salubrité ou le Salongo sont également citées comme des outils pouvant renforcer la participation citoyenne lorsqu'elles sont organisées de manière régulière et accompagnées par les autorités compétentes.
Un défi collectif pour l'avenir
La question de l'insalubrité dépasse la simple propreté des rues. Elle touche directement à la santé, à la qualité de vie, à l'attractivité économique et à l'image de la province. Beaucoup de citoyens estiment qu'il est temps d'agir avant que la situation ne se dégrade davantage.
Kalemie dispose d'importants atouts pour devenir une ville moderne, attractive et agréable à vivre. Mais cet objectif passe aussi par un engagement collectif en faveur de l'assainissement. Les habitants lancent ainsi un appel à tous les acteurs concernés afin que la propreté de la ville devienne une priorité quotidienne. Une question demeure sur toutes les lèvres : jusqu'à quand Kalemie restera-t-elle confrontée à ce défi ?
✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie








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