KALEMIE, TANGANYIKA — Après trois jours consacrés à la prévention des catastrophes, à la vérification des informations et au journalisme responsable en situation de crise, l’atelier de renforcement des capacités de 25 journalistes issus de cinq radios communautaires s’est clôturé ce jeudi 15 octobre 2026 à Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika. Organisée avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), en partenariat avec la Fédération des radios de proximité du Congo (FRPC), cette formation visait à mieux préparer les professionnels des médias communautaires à informer les populations face aux risques environnementaux et aux situations d’urgence. La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre provincial de la Communication et des Médias, Raphaël Pungwe Mulapi, en présence des participants et des représentants de la FRPC. Du 13 au 15 octobre, les participants ont suivi une formation articulée autour de la communication des risques environnementaux, de la prévention des catastrophes, de la vérification de l’information et de la lutte contre la désinformation. Ces différentes thématiques répondent à une préoccupation importante : permettre aux radios communautaires de diffuser des informations fiables lorsque les populations sont confrontées à des risques ou à des événements susceptibles de perturber leur sécurité et leurs conditions de vie. En période de crise, les journalistes peuvent être amenés à traiter des informations urgentes, parfois incomplètes ou contradictoires. La pression liée à la rapidité de diffusion peut alors favoriser la circulation de rumeurs ou d’informations non vérifiées. La formation a ainsi mis l’accent sur la nécessité de développer des pratiques professionnelles permettant de distinguer les faits établis des affirmations non confirmées. La communication des risques suppose également de rendre les informations accessibles aux communautés, en utilisant un langage clair et des canaux adaptés aux réalités locales. Au total, 25 journalistes issus de cinq radios communautaires ont pris part à cette session de renforcement des capacités. Les radios de proximité occupent une place particulière dans la circulation de l’information, notamment dans les communautés où l’accès à Internet, à la télévision ou à d’autres sources d’information peut être limité. Leur connaissance des langues locales et leur proximité avec les habitants constituent des atouts pour relayer des messages de prévention compréhensibles. En cas de fortes pluies, d’inondations ou d’autres phénomènes dangereux, elles peuvent contribuer à transmettre les alertes provenant des services compétents et à expliquer les mesures de précaution recommandées. Cette mission exige cependant des procédures de vérification rigoureuses. Une radio communautaire ne doit pas transformer une rumeur en alerte officielle ni diffuser des consignes qui n’auraient pas été confirmées par les autorités habilitées. À l’occasion de la clôture, Modeste Shabani, président de la Fédération des radios de proximité du Congo, a souligné l’importance de cette formation pour les professionnels des médias communautaires. Il a invité les journalistes à intégrer les questions de prévention des catastrophes, de communication des risques et de responsabilité journalistique dans leurs programmes. Cet appel met en avant la nécessité de ne pas limiter ces sujets aux seules périodes d’urgence. Des émissions régulières de sensibilisation, des entretiens avec des spécialistes et des programmes d’éducation aux médias peuvent contribuer à renforcer les connaissances des auditeurs avant qu’une situation de crise ne survienne. La prévention repose en effet sur une information continue, et non uniquement sur les reportages réalisés après une catastrophe. Présidant la cérémonie de clôture, le ministre provincial de la Communication et des Médias, Raphaël Pungwe Mulapi, a encouragé les radios communautaires à rester actives dans la prévention des catastrophes. Cette exhortation rappelle la responsabilité des médias dans la sensibilisation des communautés aux risques susceptibles d’affecter leur environnement. Dans une province comme le Tanganyika, où certaines localités peuvent être exposées à des phénomènes naturels dangereux, la disponibilité d’informations vérifiées représente un élément important de la préparation des populations. Le rôle des journalistes consiste notamment à expliquer les risques, à interroger les services compétents et à diffuser les informations utiles sans provoquer de panique. La prévention nécessite ainsi une collaboration entre les médias, les autorités publiques, les services techniques et les organisations intervenant dans la gestion des risques. La lutte contre la désinformation a constitué l’un des principaux thèmes abordés pendant cette formation. Lorsqu’un événement dangereux survient, les réseaux sociaux et les conversations informelles peuvent rapidement diffuser des images sorties de leur contexte, des bilans non confirmés ou de fausses alertes. Ces contenus peuvent compliquer la compréhension de la situation et influencer les décisions prises par les habitants. Les journalistes doivent donc vérifier l’origine des informations, confronter les témoignages et rechercher des confirmations auprès de sources compétentes avant toute diffusion. La vérification concerne également les photographies et les vidéos, qui peuvent être anciennes ou provenir d’une autre localité. Pour les radios communautaires, l’enjeu est de maintenir la confiance des auditeurs en privilégiant l’exactitude des informations, même lorsque les circonstances exigent une réaction rapide. La clôture de l’atelier marque l’achèvement de trois jours d’apprentissage, mais pose également la question de l’application des connaissances acquises. Les participants sont désormais appelés à intégrer les thématiques abordées dans leurs activités professionnelles. Pour les rédactions, cela peut notamment passer par la mise en place de procédures de vérification, l’identification des interlocuteurs techniques fiables et la préparation de contenus de sensibilisation. La capacité d’une radio à continuer d’informer pendant une crise constitue également un enjeu important. Elle suppose une organisation adaptée et une attention portée à la sécurité des journalistes et du personnel technique. Les informations communiquées ne précisent pas si un mécanisme de suivi des participants ou d’évaluation des changements dans les programmes des radios est prévu après la formation. À travers cette initiative menée avec la FRPC, l’UNESCO accompagne le renforcement des capacités des médias communautaires face aux défis de l’information en situation de crise. Cette démarche rejoint les efforts plus larges de l’organisation en faveur de l’éducation aux médias et de l’accès à une information fiable. La qualité de l’information devient particulièrement importante lorsque les populations doivent comprendre un danger, vérifier une alerte ou prendre des décisions pour leur sécurité. Pour les cinq radios représentées à Kalemie, la formation constitue ainsi une occasion de renforcer leur rôle de service aux communautés. Au terme de ces trois jours, le véritable résultat attendu ne se limitera pas aux connaissances acquises par les 25 journalistes. Il se mesurera surtout à leur capacité de diffuser, au bon moment, une information exacte, accessible et utile. Car face à une catastrophe, informer ne consiste pas seulement à raconter ce qui s’est passé : c’est aussi contribuer à prévenir les risques avant qu’ils ne se transforment en drames. ✍️ La Rédaction | TRACE KalemieTrois jours pour renforcer les réflexes journalistiques en période de crise
Cinq radios communautaires représentées
Modeste Shabani appelle à intégrer la prévention dans les programmes
Le ministre Raphaël Pungwe Mulapi insiste sur le rôle préventif des médias
La désinformation, un danger supplémentaire pendant les catastrophes
De la formation aux pratiques quotidiennes des rédactions
Un investissement dans une information capable de protéger
Kalemie : 25 journalistes formés à informer sans désinformer face aux catastrophes
À Kalemie, 25 journalistes de cinq radios communautaires ont achevé une formation de trois jours sur la prévention des catastrophes, la vérification des faits et la lutte contre la désinfor...

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