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Kalemie : plus de 40 journalistes formés au journalisme de paix, au numérique et à la lutte contre la désinformation

Plus de 40 journalistes de Kalemie ont été formés au journalisme de paix, à la cohésion sociale, au genre, au numérique et à la lutte contre la désinformation dans le cadre du projet « Incu...

Journalistes participant à une formation sur le journalisme de paix, la cohésion sociale et le numérique organisée par REFEMET à Kalemie.
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KALEMIE, 24 août 2026 — Plus de 40 journalistes issus de différentes maisons de presse de Kalemie ont pris part à un atelier de renforcement des capacités autour du thème « Le journalisme pour la paix », dans le cadre du projet « Renforcement du leadership des femmes et filles pour la paix au Tanganyika », dénommé « Incubateur de paix ».
Organisée par le Réseau des Femmes des Médias du Tanganyika (REFEMET), l’activité a été financée par ONU Femmes à travers l’Ambassade de Norvège. Elle s’est tenue dans la salle Séraphine Fatuma et a réuni des professionnels des médias venus de plusieurs rédactions de la ville.
Parmi les participants figuraient notamment 2 femmes et 19 filles, dans une démarche qui accorde une attention particulière à la participation féminine dans les médias et aux questions liées à la paix, au genre et à la cohésion sociale.

Le journalisme comme outil de paix


Au cœur de la formation, les participants ont été amenés à réfléchir au rôle que peuvent jouer les médias dans la prévention des conflits et la construction de la paix.
Dans un contexte où une information mal vérifiée, une rumeur ou un discours de haine peut rapidement alimenter des tensions, le rôle du journaliste devient particulièrement sensible.
Les médias ne sont pas appelés à masquer les conflits ou à éviter les sujets difficiles. Leur responsabilité consiste plutôt à traiter ces sujets avec rigueur, équilibre, vérification et sens des conséquences.
Le journalisme de paix ne signifie pas produire une information complaisante, mais éviter que la couverture médiatique ne contribue inutilement à aggraver les tensions.

Plusieurs notions au programme


La formation a couvert plusieurs thématiques liées à la pratique quotidienne du métier.
Les participants ont notamment été outillés sur la paix, la cohésion sociale, le journalisme au prisme du genre, la rédaction d’un papier, le rôle des médias dans la promotion de la paix, la communication numérique, l’usage de l’intelligence artificielle, la gestion d’une page web ainsi que la communication audio.
Cette diversité des modules traduit l’évolution du métier de journaliste. Aujourd’hui, un professionnel des médias ne travaille plus uniquement pour la radio, la télévision ou la presse écrite. Il doit également comprendre les réseaux sociaux, les outils numériques et les nouveaux moyens de production de contenus.
L’arrivée de l’intelligence artificielle dans le secteur de l’information impose aussi de nouvelles responsabilités, notamment en matière de vérification, de transparence, d’authenticité des contenus et de lutte contre les manipulations.

Trois formateurs pour accompagner les participants


Les différentes sessions ont été animées par Ildephonse Kizanga, Dieudonné Kagoma et Landry Mabela.
Les formateurs ont accompagné les participants sur plusieurs dimensions du travail journalistique, avec un accent sur la manière dont les médias peuvent contribuer à la cohésion sociale tout en restant fidèles aux exigences professionnelles.
La rédaction d’un papier, la communication numérique et l’utilisation des outils modernes ont ainsi été replacées dans un cadre plus large : celui de la responsabilité du journaliste envers le public.

Informer sans nourrir les tensions


Dans une province où plusieurs communautés ont été confrontées à des conflits, des déplacements et différentes formes de tensions, la manière de traiter l’information peut avoir un impact réel.
Une information approximative ou une accusation non vérifiée peut renforcer les divisions. À l’inverse, un traitement rigoureux, contextualisé et équilibré peut contribuer à réduire les incompréhensions et à empêcher les rumeurs de prendre le dessus.
La lutte contre la désinformation constitue donc un axe important du travail médiatique.
En période de crise, vérifier avant de publier devient non seulement une règle professionnelle, mais aussi une responsabilité sociale.

Les femmes et filles journalistes appelées à jouer un rôle accru


À l’issue de la formation, les jeunes femmes et filles journalistes participantes ont exprimé leur volonté de jouer un rôle plus important dans la construction de la paix.
Elles se sont notamment engagées à privilégier une information inclusive, à lutter contre la désinformation et à accorder davantage d’attention aux communautés dont les réalités sont souvent peu visibles dans les médias.
Leur participation est également considérée comme importante dans la couverture de l’impact des conflits sur les femmes et les enfants.
Ces réalités peuvent être insuffisamment documentées lorsque les rédactions restent peu diversifiées ou lorsqu’elles ne disposent pas de journalistes suffisamment sensibilisés aux questions de genre.

Déconstruire les stéréotypes dans les médias


Un autre volet de la formation concerne la représentation des femmes dans les contenus médiatiques.
Le journalisme peut contribuer à renforcer certains stéréotypes lorsqu’il reproduit automatiquement des préjugés ou limite les femmes à certains rôles. Mais il peut également contribuer à les déconstruire en donnant la parole à une diversité d’acteurs et en traitant les sujets avec davantage d’équilibre.
Pour REFEMET, renforcer les capacités des femmes et filles journalistes peut ainsi contribuer à améliorer leur place dans les rédactions et à élargir les perspectives prises en compte dans la production de l’information.

Le numérique au cœur des nouveaux défis des médias


La présence de modules consacrés à la gestion d’une page web, à la communication numérique et à l’intelligence artificielle répond également aux transformations profondes du secteur.
Une grande partie de l’information circule désormais d’abord sur les réseaux sociaux. Les journalistes doivent donc maîtriser ces outils tout en conservant les principes classiques du métier : vérification des faits, identification des sources, contextualisation et responsabilité éditoriale.
Le numérique offre de nouvelles possibilités pour atteindre les publics, mais il accélère aussi la propagation des fausses informations.
Dans cet environnement, les professionnels doivent être capables d’utiliser la technologie sans perdre le contrôle éditorial sur leurs contenus.

Les résolutions 1325 et 2250 comme cadre de référence


L’initiative s’inscrit également dans une démarche visant à rapprocher les principes des résolutions 1325 et 2250 des Nations unies.
La résolution 1325 met notamment en avant la place des femmes dans les questions de paix et de sécurité, tandis que la résolution 2250 insiste sur la participation des jeunes dans les processus de paix.
Le projet « Incubateur de paix » cherche ainsi à renforcer à la fois le leadership des femmes et l’engagement de la jeunesse dans la prévention des conflits.
Cette démarche bénéficie également de l’accompagnement du Secrétariat provincial de la Résolution 1325.

Après la formation, le défi de la pratique


Comme pour toute initiative de renforcement des capacités, l’enjeu principal commence après la fin des sessions.
Les journalistes formés devront désormais appliquer les notions acquises dans leurs productions quotidiennes, particulièrement lorsqu’ils traitent des sujets sensibles liés à la sécurité, aux conflits, aux communautés et au genre.
Le véritable impact de cette formation se mesurera notamment dans la qualité des contenus produits, la réduction des erreurs, la lutte contre la désinformation et l’attention accordée aux voix souvent marginalisées.
Pour REFEMET, l’objectif est aussi de renforcer durablement la présence des femmes dans les médias et de faire de leur participation un levier de paix et de cohésion sociale.
Dans un contexte médiatique où la rapidité de publication concurrence parfois la vérification, cette formation rappelle une exigence essentielle : informer vite peut être utile, mais informer juste reste indispensable.
✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie

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