KALEMIE, TANGANYIKA — Entre les coupures d’électricité, les difficultés d’approvisionnement en eau potable et une alerte sanitaire liée au choléra, la semaine du 12 au 18 octobre 2026 a été particulièrement marquée par les préoccupations des habitants de Kalemie. Mais l’actualité provinciale ne s’est pas limitée à ces difficultés. Plusieurs initiatives consacrées à la protection de l’enfance, à la formation des journalistes, à la santé et à l’autonomisation des femmes déplacées ont également retenu l’attention. Pour cette première édition de sa revue hebdomadaire, TRACE Kalemie revient sur les principaux événements documentés jusqu’au dimanche 18 octobre au matin, en distinguant les faits établis, les annonces et les situations qui restent à suivre. La desserte électrique a constitué l’un des sujets les plus préoccupants de la semaine à Kalemie. Après plusieurs jours d’interruption liés aux travaux annoncés à la centrale hydroélectrique de Bendera, le courant était revenu dans certains secteurs de la ville le mercredi 14 octobre à 15 h 53. Cette reprise avait suscité l’espoir d’une amélioration durable. Toutefois, le rétablissement n’avait pas concerné l’ensemble des quartiers. À Filtisaf, notamment, des habitants continuaient de vivre sans électricité. Dans plusieurs secteurs réalimentés, des abonnés signalaient par ailleurs des variations de tension et des coupures répétées. La situation s’est de nouveau dégradée le samedi 17 octobre, avec une importante interruption électrique signalée depuis la matinée, y compris dans des quartiers qui avaient retrouvé le courant. Ces perturbations ont ravivé les critiques de certains habitants à l’égard de la qualité du service assuré par la Société nationale d’électricité (SNEL). La cause technique précise de cette nouvelle interruption et son étendue exacte n’étaient pas confirmées dans les informations disponibles. Au-delà de la question du retour du courant, les abonnés attendent désormais une alimentation stable, capable de soutenir les activités économiques et les besoins des ménages. À lire : Kalemie" target="_blank">https://tracekalemie.com/article/kalemie-coupure-electricite-17-octobre-2026-snel-filtisaf-delestage">Kalemie replonge dans le noir ce 17 octobre : le retour du courant n’aura été que partiel et instable. La crise électrique a également remis au premier plan les difficultés d’approvisionnement en eau potable. Les interruptions prolongées ont perturbé la desserte de la REGIDESO dans plusieurs quartiers, contraignant une partie des habitants à chercher de l’eau dans le lac Tanganyika et la rivière Lukuga. Cette situation a pris une dimension sanitaire particulière avec l’alerte lancée par le médecin-chef de la zone de santé de Kalemie, Dr Kabwe Sangwa Jean. Lors d’un échange avec la presse locale, ce responsable a indiqué que le Centre de traitement des maladies diarrhéiques (CTMD) comptabilisait 94 malades, dont 65 provenant de la zone de santé de Kalemie. Plusieurs aires de santé ont été citées, notamment Kataki, Bwana Kutcha, Hewa Bora, Muchungaji Mwema, Clinique d’État, Martin-Ville et celle de l’Hôpital général de référence. Le médecin-chef a mis en garde contre la consommation d’eau non traitée et rappelé l’importance du lavage régulier des mains et des mesures d’assainissement. Une précision demeure essentielle : le total de 94 malades rapporté au CTMD ne correspond pas nécessairement à 94 cas de choléra confirmés en laboratoire. Le bilan des confirmations et des décès éventuels n’a pas été précisé. Cette alerte souligne néanmoins l’importance d’assurer une distribution régulière d’eau potable, particulièrement en période de risques de maladies hydriques. À lire : Kalemie" target="_blank">https://tracekalemie.com/article/kalemie-94-malades-recenses-au-centre-de-traitement-le-medecin-chef-alerte-sur-la-flambee-de-cholera">Kalemie : 94 malades recensés au centre de traitement, le médecin-chef alerte sur la flambée de choléra. Au cours de son intervention, le Dr Kabwe Sangwa Jean a également abordé deux autres préoccupations sanitaires : la Mpox et la poliomyélite. Concernant la Mpox, il a signalé la présence de cas dans la zone de santé de Kalemie, notamment parmi les personnes âgées de 14 à 35 ans, sans limiter la maladie à cette tranche d’âge. Une campagne de vaccination avec des équipes mobiles a été annoncée pour la semaine suivant son intervention. Les dates détaillées et les catégories de personnes concernées restent à confirmer auprès des autorités sanitaires. Pour la poliomyélite, une campagne de vaccination des enfants âgés de 0 à 59 mois est prévue du 5 au 7 novembre 2026, selon une stratégie de porte-à-porte. Le médecin-chef a invité les parents à faciliter le passage des équipes de vaccination. Ces annonces rappellent l’importance de la mobilisation communautaire pour prévenir plusieurs maladies qui nécessitent des réponses sanitaires distinctes. La protection des enfants dans les zones touchées par les conflits armés a également figuré parmi les sujets importants de la semaine. Les 14 et 15 octobre, le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS), en collaboration avec l’UNICEF, a organisé à Kalemie un atelier de renforcement des capacités des acteurs de défense et de sécurité. Les travaux ont porté sur la prévention et la lutte contre les six violations graves des droits de l’enfant en situation de conflit armé. Selon le compte rendu publié par le P-DDRCS, plus de 70 participants ont pris part à cette activité, parmi lesquels des militaires, des policiers, des représentants des services de sécurité et des acteurs de la protection de l’enfance. L’objectif était de renforcer la connaissance des obligations de protection et des mécanismes permettant de mieux prévenir les atteintes aux droits des enfants. Cette formation constitue une initiative de sensibilisation et de renforcement des capacités. Ses effets concrets sur les pratiques devront être appréciés dans la durée. Autre événement notable : la clôture, le jeudi 15 octobre, d’un atelier consacré à la communication des risques environnementaux et au journalisme responsable en situation de crise. Organisée avec l’appui de l’UNESCO, en partenariat avec la Fédération des radios de proximité du Congo (FRPC), cette formation a réuni 25 journalistes issus de cinq radios communautaires. Pendant trois jours, les participants ont travaillé sur la prévention des catastrophes, la vérification des informations et la lutte contre la désinformation. Le président de la FRPC, Modeste Shabani, a encouragé les journalistes à intégrer ces sujets dans leurs programmes. Le ministre provincial de la Communication et des Médias, Raphaël Pungwe Mulapi, qui a clôturé les travaux, a également insisté sur le rôle des radios communautaires dans la prévention des catastrophes. Dans un contexte où les alertes sanitaires et les perturbations des services publics occupent une place importante dans l’actualité locale, la diffusion d’informations fiables demeure un enjeu essentiel. À lire : Kalemie" target="_blank">https://tracekalemie.com/article/kalemie-unesco-frpc-25-journalistes-formation-risques-environnementaux-desinformation">Kalemie : 25 journalistes formés à informer sans désinformer face aux catastrophes. Les initiatives communautaires ont également occupé une place dans l’actualité de la semaine. Au site de déplacés internes de Kikongo, sur l’axe Katanika à Kalemie, l’Association pour la Paix et la Solidarité Communautaire (APSC) a organisé un forum d’échange d’expériences les 16 et 17 octobre. Cette activité s’inscrit dans le projet « Mwanamuke Imara, Jamii Imara », coordonné par Christine Meddy, financé par le Fonds pour les Femmes Congolaises, avec l’appui technique de First Response Fund et un partenariat mentionné avec le Canada. Après six mois de mise en œuvre, des bénéficiaires ont partagé leurs expériences dans trois filières : le maraîchage, la pâtisserie et la savonnerie. Selon les témoignages rapportés, ces activités commencent à générer des revenus et à contribuer progressivement aux besoins de certains ménages. La première rencontre, organisée le vendredi 16 octobre, a réuni 80 participants, dont 20 couples. La présence des conjoints visait à encourager leur soutien aux initiatives économiques des femmes. Le forum a également abordé les violences basées sur le genre et la prévention de l’exploitation et des abus sexuels. La cheffe du site, Madame Rebecca, a plaidé pour la poursuite des initiatives destinées aux femmes déplacées. Le bilan consolidé de la deuxième journée n’était pas disponible dans les informations utilisées pour cette revue. À lire : Kalemie" target="_blank">https://tracekalemie.com/article/kalemie-femmes-deplacees-kikongo-autonomisation-aps-mwanamuke-imara">Kalemie : au site de Kikongo, des femmes déplacées reconstruisent leur autonomie grâce à trois métiers. Le jeudi 15 octobre, le bureau de l’UNICEF à Kalemie a remis un véhicule Toyota Land Cruiser au Programme national de santé de la reproduction (PNSR). La remise des clés a été effectuée par Benoît Daoundo, chef du bureau de l’UNICEF à Kalemie, au représentant du chef de division de la Division provinciale de la santé du Tanganyika, avant leur transmission au coordonnateur du PNSR. Selon les informations communiquées, cet appui logistique vise à renforcer la mobilité et les capacités opérationnelles du programme dans la province. Le coordonnateur du PNSR s’est engagé à faire bon usage du véhicule dans le cadre des activités de son service. L’initiative pourrait faciliter certains déplacements professionnels et le suivi des interventions sanitaires. Son impact réel dépendra cependant de l’utilisation du véhicule et des moyens disponibles pour les activités de terrain. Les préoccupations concernant l’électricité et l’assainissement ont également été portées auprès des autorités locales. Dans la commune de Lukuga, des femmes leaders du mouvement « Rien sans les femmes » ont présenté un plaidoyer concernant notamment la salubrité, la sécurité et les difficultés d’approvisionnement en courant électrique. Elles ont particulièrement évoqué les perturbations prolongées à Filtisaf et dans certaines avenues de Kituku. Leur démarche met en évidence les conséquences des difficultés de services publics sur la vie quotidienne des habitants. Elle rappelle également l’importance du dialogue entre les autorités communales, les entreprises de distribution et les représentants des communautés. Au-delà des événements ponctuels, les difficultés observées cette semaine alimentent une réflexion plus large sur le développement de Kalemie. Les projets routiers, les nouvelles constructions et les ambitions économiques soulèvent une question : les infrastructures de la ville pourront-elles accompagner durablement les besoins de ses habitants ? Les coupures électriques et leurs répercussions sur l’eau potable illustrent l’interdépendance des services essentiels. La modernisation de Kalemie ne peut donc être envisagée uniquement sous l’angle des routes et des bâtiments. Elle implique aussi la fiabilité de l’énergie, l’accès à l’eau, l’assainissement, les équipements sociaux et la planification urbaine. Pour répondre à ces enjeux, des données actualisées sur les réseaux et les projets publics demeurent indispensables. Plusieurs questions restent ouvertes à l’issue de cette période. La SNEL devra notamment apporter des précisions sur les causes des nouvelles perturbations et les perspectives de stabilisation de la desserte. La continuité de l’approvisionnement en eau potable restera un sujet important, particulièrement dans le contexte de l’alerte au choléra. Les autorités sanitaires sont également attendues sur l’évolution du nombre de malades, les mesures de prévention et les modalités des campagnes de vaccination annoncées. Enfin, les initiatives de formation et d’autonomisation lancées ou poursuivies pendant la semaine poseront la question de leur suivi et de leurs résultats concrets. La semaine du 12 au 18 octobre 2026 met en lumière deux réalités à Kalemie et dans le Tanganyika. D’un côté, les difficultés d’accès à l’électricité et à l’eau potable continuent d’affecter la vie quotidienne et soulèvent des préoccupations sanitaires importantes. De l’autre, des organisations publiques, humanitaires et communautaires poursuivent des initiatives dans la formation, la protection et l’accompagnement économique. Ces actions répondent à des besoins différents, mais elles renvoient à une même exigence : améliorer durablement les conditions de vie des populations. Au terme de cette semaine, une interrogation domine : comment transformer les interventions d’urgence et les projets annoncés en services fiables, accessibles et durables pour les habitants ? C’est l’une des questions que TRACE Kalemie continuera de suivre dans ses prochaines éditions. ✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie1. Électricité : de l’espoir du 14 octobre à la déception du 17 octobre
2. Eau potable et choléra : l’alerte du médecin-chef de zone
3. Mpox et poliomyélite : des campagnes de vaccination annoncées
4. Protection de l’enfance : des forces de sécurité sensibilisées à Kalemie
5. Médias : 25 journalistes communautaires formés avec l’appui de l’UNESCO
6. Kikongo : des femmes déplacées partagent leurs premiers résultats économiques
7. Santé de la reproduction : l’UNICEF remet un véhicule au PNSR
8. Lukuga : les femmes leaders interpellent les autorités sur les services de base
9. Kalemie face à son avenir : au-delà des urgences, la question des infrastructures
Ce qu’il faudra suivre après cette semaine
Une semaine qui rappelle l’importance des services essentiels
Tanganyika : crise de l’électricité, alerte au choléra et initiatives sociales, ce qu’il faut retenir de la semaine
Électricité, choléra, protection des enfants, formation des journalistes et autonomisation des femmes : les faits marquants du Tanganyika du 12 au 18 octobre 2026.

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