⚡ BREAKING
TRACE Kalemie
TRACE Connect Connexion Inscription
Recherche

Kalemie : pour nourrir leurs familles, des femmes affrontent la pénibilité du sable et du concassage de pierres

À Kalemie, certaines femmes au foyer et veuves confrontées à la précarité extraient du sable et concassent des pierres pour nourrir leurs familles et financer la scolarité de leurs enfants....

Femmes travaillant dans l’extraction manuelle du sable et le concassage de pierres à Kalemie.
Connectez-vous pour ajouter aux favoris

KALEMIE, 18 août 2026 — Sous le soleil, parfois pendant plusieurs heures, elles creusent, transportent du sable ou cassent des pierres à la main. À Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, certaines femmes au foyer et veuves confrontées à une grande précarité économique se tournent vers des activités manuelles particulièrement pénibles pour assurer la survie de leurs familles.
L'exploitation artisanale du sable et le concassage manuel de pierres deviennent ainsi, pour certaines d'entre elles, une solution de dernier recours. Derrière chaque quantité de sable extraite ou chaque tas de pierres concassées se trouve souvent un besoin immédiat : acheter de la nourriture, payer les frais liés à la scolarité des enfants ou répondre aux dépenses quotidiennes du ménage.
Ces femmes exercent pourtant leurs activités dans des conditions difficiles, avec peu de moyens matériels et une forte exposition à la fatigue physique.

Un travail dicté par la nécessité


Pour comprendre cette réalité, il faut regarder au-delà de la simple activité économique. Pour plusieurs de ces femmes, travailler dans le sable ou casser des pierres n'est pas présenté comme un métier choisi après une formation ou dans le cadre d'un projet professionnel.
Il s'agit avant tout d'une réponse à l'absence d'autres sources de revenus.
Lorsque les possibilités d'emploi sont limitées et qu'une femme doit assurer seule ou en grande partie les besoins d'un ménage, chaque activité susceptible de générer quelques revenus devient importante.
Cette situation est particulièrement difficile pour certaines veuves qui doivent assumer les besoins de leurs enfants sans disposer nécessairement d'un revenu régulier.
Le travail devient alors une question de survie : ne pas travailler peut signifier ne pas avoir de quoi nourrir la famille le soir.

Des journées physiquement éprouvantes


Extraire manuellement du sable ou concasser des pierres demande un effort physique considérable. Les gestes sont répétitifs, les charges peuvent être lourdes et les périodes de repos limitées lorsque la travailleuse cherche à produire suffisamment pour obtenir un revenu.
À force de travailler dans ces conditions, les femmes peuvent ressentir des douleurs au dos, aux bras, aux épaules et dans d'autres parties du corps.
À cela peuvent s'ajouter les risques liés à la poussière produite lors du concassage, aux éclats de pierres et à l'utilisation d'outils manuels sans équipements de protection adaptés.
La situation soulève ainsi une question qui dépasse celle du revenu : dans quelles conditions ces femmes travaillent-elles et comment protéger leur santé ?

Des pressions dénoncées sur les lieux de travail


À la pénibilité physique s'ajoutent, selon les témoignages rapportés, différentes pressions auxquelles certaines travailleuses disent être confrontées.
Des femmes évoquent notamment des difficultés avec certains propriétaires de parcelles sur lesquelles les activités sont exercées ainsi que des pressions attribuées à certains contrôleurs.
Des allégations de harcèlement sont également rapportées. Ces affirmations mériteraient d'être documentées davantage et, lorsque des faits précis sont signalés, examinées par les services compétents afin d'établir les responsabilités.
La vulnérabilité économique ne devrait en aucun cas exposer une personne à des abus ou à des traitements portant atteinte à sa dignité.

Travailler aujourd'hui pour que les enfants étudient demain


Parmi les principales motivations évoquées figure la scolarisation des enfants.
Pour ces mères, supporter la fatigue quotidienne prend souvent un sens particulier lorsqu'il s'agit de permettre aux enfants de poursuivre leurs études.
Ce contraste est saisissant : certaines femmes acceptent un travail manuel extrêmement difficile dans l'espoir que leurs enfants puissent, grâce à l'école, accéder un jour à d'autres possibilités.
L'éducation devient alors une forme d'espoir. Chaque revenu obtenu peut contribuer à acheter un cahier, préparer la rentrée, répondre à certaines dépenses scolaires ou simplement permettre à l'enfant de manger avant de se rendre en classe.
Ces femmes cassent des pierres aujourd'hui avec l'espoir que leurs enfants n'auront pas à faire le même travail demain.

Une réalité qui interpelle sur l'autonomisation économique


La situation de ces femmes pose plus largement la question de l'accès aux activités génératrices de revenus à Kalemie.
Ces dernières années, plusieurs programmes d'autonomisation des femmes ont été mis en œuvre dans la province du Tanganyika. Des formations et initiatives autour de l'agriculture, du petit commerce, de la transformation des produits locaux ou d'autres activités économiques ont notamment été développées par différentes organisations.
Mais les femmes qui travaillent quotidiennement dans des conditions extrêmement difficiles montrent que les besoins restent importants.
Le défi consiste notamment à permettre aux personnes les plus vulnérables d'accéder réellement aux programmes existants et de développer des activités capables de générer des revenus plus réguliers et moins dangereux.

Transformer la bravoure en opportunités


La détermination de ces travailleuses ne devrait pas conduire à banaliser leurs conditions de vie. Leur courage mérite d'être reconnu, mais il doit surtout interpeller sur les alternatives qui peuvent leur être proposées.
Une femme capable de travailler pendant des heures à extraire du sable ou à concasser des pierres dispose déjà d'une force de travail et d'une détermination considérables.
Avec un accompagnement approprié, l'accès à une formation, à un petit financement ou à des équipements, cette même énergie pourrait éventuellement être orientée vers des activités moins pénibles et offrant de meilleures perspectives économiques.
Les programmes d'autonomisation devraient donc chercher à atteindre également les femmes qui se trouvent dans les situations de précarité les plus visibles.

Une réalité sociale derrière les chantiers de Kalemie


Le sable et les pierres sont indispensables à la construction. Ils servent à bâtir des maisons, des murs et différentes infrastructures. Pourtant, derrière une partie de ces matériaux se trouvent parfois des personnes dont les conditions de travail restent largement invisibles.
À Kalemie, le témoignage de ces femmes rappelle ainsi que le développement d'une ville ne peut pas uniquement se mesurer au nombre de constructions ou de chantiers.
Il doit également se mesurer à la capacité de cette croissance à créer des opportunités permettant aux familles de vivre dignement.
Pour ces femmes, casser des pierres ou extraire du sable n'est pas une histoire de courage à romantiser. C'est d'abord le reflet d'une réalité économique dans laquelle certaines mères doivent accepter un travail extrêmement pénible simplement pour que leurs enfants puissent manger, étudier et espérer un avenir différent.
Leur situation interpelle donc les pouvoirs publics, les organisations sociales et les partenaires intervenant dans l'autonomisation économique : comment faire en sorte que le travail de survie puisse progressivement laisser place à de véritables moyens de subsistance durables ?
✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie

LOCALISATION

Où se situe cette information ?

Coordonnées GPS : -5.947500, 29.194700

Ouvrir dans Google Maps
Briefing TRACE

Recevoir les titres importants

Conversation

Commentaires de la communaute

Reagissez avec nuance, ajoutez du contexte ou posez une question a la redaction.

0 commentaire Ouvert

Aucun commentaire publie pour le moment.Soyez le premier a enrichir la discussion autour de cet article.

Votre avis

Participer a la conversation

Votre commentaire est relu avant publication pour garder un espace utile et respectueux.

Le commentaire apparait apres validation par la redaction.