KALEMIE, 24 août 2026 — L'exploitation du sable à proximité du pont Lubuye suscite des inquiétudes dans la commune de Lukuga, à Kalemie. L'autorité communale alerte sur les conséquences que pourrait avoir le creusage intensif observé le long du tronçon de la route dite « chinoise », en direction de cet ouvrage routier.
Dans une correspondance adressée au maire de la ville de Kalemie, le bourgmestre de la commune de Lukuga indique avoir reçu plusieurs rapports de la population ainsi que du chef d'avenue faisant état d'une intensification de l'extraction de sable dans cette zone.
Selon l'autorité communale, la poursuite de ces activités pourrait contribuer à fragiliser les abords du pont Lubuye et augmenter les risques liés à la stabilité de l'ouvrage, particulièrement à l'approche de la saison des pluies.
Une activité qui inquiète les habitants
L'exploitation artisanale du sable constitue une activité économique importante pour plusieurs ménages à Kalemie. Le sable est utilisé quotidiennement dans la construction des habitations, murs, ouvrages et autres infrastructures.
Mais lorsque l'extraction est pratiquée à proximité immédiate d'une route, d'un pont ou d'un autre ouvrage, elle peut soulever des préoccupations en matière de sécurité.
Dans le cas du pont Lubuye, les rapports reçus par la commune de Lukuga font état d'un creusage intensif le long de l'axe concerné.
La principale crainte exprimée est que l'enlèvement continu du sable modifie progressivement la structure des sols autour du pont et favorise l'érosion.
La question n'est donc pas seulement environnementale : elle touche directement à la protection d'une infrastructure utilisée par la population.
La saison des pluies renforce les préoccupations
L'alerte intervient également à l'approche de la saison des pluies, une période durant laquelle les sols peuvent être davantage exposés à l'érosion et au ruissellement.
Lorsqu'un terrain a déjà été profondément creusé, les fortes pluies peuvent accélérer la dégradation des berges ou des remblais et emporter progressivement les matériaux qui contribuent à la stabilité des abords d'un ouvrage.
C'est sur cette base que la commune estime nécessaire d'agir avant que les conditions météorologiques ne rendent la situation plus difficile à maîtriser.
Il convient toutefois de préciser qu'à ce stade, aucune expertise technique publique confirmant un risque imminent d'effondrement du pont n'a été rapportée. L'alerte de l'autorité communale constitue donc une mesure de précaution qui appelle à une évaluation technique de la zone.
Le bourgmestre demande la suspension des activités
Face aux préoccupations exprimées, le bourgmestre de Lukuga sollicite la suspension et la fermeture des gisements de sable concernés.
L'objectif est d'empêcher la poursuite du creusage dans les secteurs jugés sensibles en attendant une réponse des autorités compétentes.
Cette demande vise également à permettre une meilleure organisation de l'exploitation du sable dans la ville.
Pour l'autorité communale, il ne s'agit pas nécessairement de mettre fin à cette activité économique partout, mais d'éviter qu'elle ne soit pratiquée dans des zones susceptibles de compromettre la sécurité d'une infrastructure routière.
Trouver un autre site d'exploitation
La correspondance recommande également l'identification d'un site alternatif permettant aux exploitants de poursuivre leurs activités dans de meilleures conditions.
Cette proposition est importante dans la mesure où l'extraction du sable constitue une source de revenus pour certaines familles.
Une fermeture sans solution alternative pourrait déplacer le problème vers d'autres sites non contrôlés ou priver brutalement certains travailleurs de leurs moyens de subsistance.
L'identification d'une zone appropriée devrait donc tenir compte de plusieurs critères, notamment la distance par rapport aux routes et ponts, la stabilité des sols, l'impact environnemental et les conditions d'accès pour les exploitants.
Une question d'aménagement urbain
La situation autour du pont Lubuye met également en évidence un problème plus large : celui de l'organisation de certaines activités extractives dans une ville en pleine expansion.
Kalemie connaît une croissance importante de la construction. La demande en sable, pierres et autres matériaux augmente naturellement avec le développement des quartiers et des chantiers.
Cette croissance nécessite cependant une planification capable de déterminer où ces matériaux peuvent être exploités sans mettre en danger les routes, les ponts, les habitations ou l'environnement.
À défaut d'un encadrement suffisamment clair, l'exploitation peut progressivement se rapprocher d'infrastructures sensibles.
Protéger le pont avant d’avoir à le réparer
L'enjeu économique est également important.
La réparation ou la reconstruction d'un pont endommagé peut coûter beaucoup plus cher que la prévention des activités susceptibles de fragiliser son environnement.
Une interruption de la circulation sur un ouvrage stratégique aurait également des conséquences sur les déplacements des personnes et le transport des marchandises.
Prévenir une dégradation éventuelle représente donc non seulement une question de sécurité, mais également de gestion des ressources publiques.
C'est pourquoi une expertise technique pourrait permettre de déterminer avec précision l'état actuel du pont, la stabilité de ses abords et les distances minimales à respecter pour toute activité d'extraction.
Les exploitants également concernés par la solution
La recherche d'une solution durable devrait également associer les personnes qui vivent de l'exploitation artisanale du sable.
Une réglementation clairement expliquée, des sites officiellement autorisés et des mécanismes de contrôle pourraient réduire les conflits entre exploitants, population et autorités.
Cette approche permettrait aussi d'éviter que la lutte contre les risques liés aux infrastructures soit perçue uniquement comme une interdiction économique.
Le défi consiste plutôt à trouver un équilibre entre les besoins en matériaux de construction, les moyens de subsistance des exploitants et la protection des infrastructures publiques.
Une réponse de la mairie désormais attendue
Après l'alerte lancée par la commune de Lukuga, l'attention se tourne désormais vers les autorités urbaines et les services techniques compétents.
La mairie pourrait notamment être appelée à examiner la demande de suspension, à organiser une descente sur le terrain et à déterminer les mesures nécessaires.
Une telle évaluation permettrait également d'établir si les activités d'extraction observées représentent effectivement une menace pour le pont et quelles zones doivent être protégées.
À l'approche des pluies, les responsables de Lukuga souhaitent manifestement éviter d'attendre qu'un incident se produise avant d'intervenir.
L'alerte autour du pont Lubuye pose ainsi une question simple de prévention : faut-il continuer à exploiter le sable à proximité d'une infrastructure sensible alors que des inquiétudes existent sur la stabilité de ses abords ?
La réponse attendue des autorités devra permettre de protéger l'ouvrage tout en organisant une alternative pour les exploitants, afin que la sécurité routière et l'activité économique puissent être conciliées.
✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie












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