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Kalemie : les pluies reviennent, les routes se dégradent et les chantiers annoncés se font toujours attendre

KALEMIE, TANGANYIKA — La saison des pluies s’installe progressivement à Kalemie, et avec elle ressurgit une préoccupation majeure pour les habitants : l’état des routes. Alors que plusieurs...

Chaussée dégradée à Kalemie au début de la saison des pluies, illustrant les difficultés de circulation et les préoccupations autour des chantiers routiers.
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KALEMIE, TANGANYIKA — La saison des pluies s’installe progressivement à Kalemie, et avec elle ressurgit une préoccupation majeure pour les habitants : l’état des routes. Alors que plusieurs projets de réhabilitation et de modernisation de la voirie urbaine ont été annoncés ces derniers mois, les premières précipitations suffisent déjà à mettre en évidence la fragilité de certaines chaussées. Dans une ville où les attentes en matière d’infrastructures sont particulièrement fortes, la population s’interroge sur l’avenir des chantiers et sur la capacité des autorités à apporter des solutions durables.


Selon les constats rapportés à TRACE Kalemie, plusieurs voies présentent des signes de dégradation après seulement quelques épisodes pluvieux. Des portions fragilisées deviennent plus difficiles à emprunter, tandis que les habitants redoutent une aggravation de la situation lorsque les pluies gagneront en intensité.


Mais au-delà de l’état actuel des routes, c’est surtout le décalage entre les annonces officielles et les réalisations visibles qui alimente les préoccupations.


Des routes déjà fragilisées par les premières pluies


À Kalemie, la question de la voirie devient particulièrement sensible pendant la saison pluvieuse. Les chaussées dégradées, les difficultés d’évacuation des eaux et l’insuffisance des ouvrages de drainage peuvent rapidement compliquer la circulation.


Pour les motocyclistes, les conducteurs de véhicules, les commerçants et les piétons, les conséquences se traduisent par des déplacements plus difficiles, des risques d’accident et une augmentation potentielle des coûts de transport.


La situation inquiète d’autant plus que les précipitations n’en sont qu’à leurs débuts. Si certaines routes se détériorent déjà après quelques pluies, les habitants redoutent les conséquences des semaines à venir.


Cette inquiétude renvoie à un problème structurel : une route ne peut résister durablement aux précipitations si sa chaussée, ses fondations et ses dispositifs d’évacuation des eaux ne sont pas correctement entretenus ou aménagés.


Des projets annoncés, mais des résultats encore attendus


Depuis 2025, plusieurs annonces ont été faites concernant la réhabilitation et la modernisation de la voirie urbaine de Kalemie.


Le boulevard Lumumba figure parmi les principaux projets présentés aux habitants. Les travaux avaient notamment été lancés officiellement le 17 septembre 2025, lors d’une visite de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.


Après une interruption de plusieurs mois, le chantier a fait l’objet d’une nouvelle relance au début d’octobre 2026.


Le projet annoncé porte sur environ 11,1 kilomètres de voirie en béton armé, avec des travaux d’assainissement et de protection des berges du lac Tanganyika.


Son financement s’inscrit dans le programme sino-congolais, tandis que l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) assure le suivi technique des interventions.


Malgré ces annonces, les interrogations persistent sur le rythme réel d’exécution et sur les délais nécessaires pour rendre les différentes portions de route durablement praticables.


Dans son édition du 7 octobre 2026, le média Magazine La Guardia relevait déjà la succession des lancements et relances de travaux à Kalemie, tout en rapportant les préoccupations des habitants face au manque de résultats visibles.


Le boulevard Lumumba, symbole des attentes et des retards


Le cas du boulevard Lumumba illustre les difficultés rencontrées par la ville dans la réalisation de ses infrastructures routières.


Cette artère stratégique a été particulièrement affectée par la montée des eaux du lac Tanganyika, notamment depuis 2022, ainsi que par la dégradation progressive de certaines portions.


Les travaux annoncés visent à reconstruire la chaussée et à mettre en place des dispositifs de protection contre l’érosion et les infiltrations d’eau.


Cependant, le lancement d’un chantier ne signifie pas son achèvement. Pour les usagers, l’amélioration doit se mesurer à la qualité des voies remises en service, à leur résistance aux intempéries et à la continuité des travaux.


La question est désormais de savoir si les opérations engagées au début d’octobre pourront se poursuivre avec un rythme suffisant malgré les contraintes de la saison pluvieuse.


Pourquoi la route Kalemie–Manono avance-t-elle davantage ?


Le contraste avec le projet routier Kalemie–Manono nourrit une autre interrogation parmi les habitants.


Alors que plusieurs chantiers urbains donnent l’impression d’évoluer lentement, les autorités nationales communiquent régulièrement sur les progrès enregistrés sur cet axe régional.


Long de plus de 427 kilomètres, le corridor Kalemie–Manono fait l’objet d’un projet de modernisation destiné à améliorer les déplacements, le transport des marchandises et les échanges économiques dans le Tanganyika.


Selon les informations publiées par l’Agence congolaise des grands travaux en août 2026, la première phase du projet avait atteint un taux global d’exécution physique estimé à 85 %.


Cette première phase concerne notamment l’aménagement de la plateforme routière et la construction d’ouvrages de franchissement. Elle ne signifie pas que l’ensemble du corridor est déjà asphalté et définitivement achevé.


La progression du chantier démontre néanmoins qu’un projet routier de grande envergure peut enregistrer des avancées mesurables lorsqu’un dispositif d’exécution et de suivi est effectivement mobilisé.


Pour les habitants de Kalemie, cette situation soulève une question légitime : pourquoi les mêmes résultats ne sont-ils pas encore suffisamment perceptibles sur les routes urbaines empruntées quotidiennement par la population ?


Le lithium de Manono influence-t-il les priorités routières ?


La question du lithium revient également dans les discussions sur les investissements routiers dans le Tanganyika.


Le territoire de Manono abrite d’importantes ressources minières, dont l’exploitation nécessite des infrastructures de transport capables de relier les sites de production aux plateformes logistiques et aux marchés.


Le développement du projet Manono Lithium s’accompagne notamment d’ambitions concernant les infrastructures routières et les installations portuaires de Kalemie.


Les autorités et les acteurs du secteur minier ont ainsi présenté l’amélioration des liaisons de transport comme un élément important du développement économique régional.


La dimension minière constitue donc un enjeu réel dans la transformation des corridors logistiques du Tanganyika.


Cela ne suffit toutefois pas à démontrer que les autorités auraient volontairement abandonné la voirie urbaine de Kalemie au profit du transport du lithium.


Les projets peuvent relever de mécanismes de financement, de contrats et de maîtres d’ouvrage différents. Pour comprendre les écarts d’avancement, il faudrait comparer leurs budgets, leurs calendriers contractuels et leurs contraintes techniques.


La question demeure néanmoins importante : comment faire en sorte que le développement des infrastructures liées aux activités minières bénéficie également aux habitants de Kalemie et aux autres communautés de la province ?


La saison des pluies ne peut plus être abordée dans l’improvisation


Au début de chaque saison pluvieuse, les opérations de réparation ponctuelle peuvent devenir nécessaires pour préserver la circulation sur les voies les plus endommagées.


Mais ces interventions d’urgence ne doivent pas remplacer les travaux structurels indispensables à la durabilité des routes.


Le simple remblayage de certaines portions, sans traitement des causes de dégradation ni amélioration du drainage, risque de produire des résultats limités lorsque les pluies se poursuivent.


À Kalemie, les habitants attendent donc davantage que des réparations provisoires. Ils souhaitent voir des chantiers organisés, des travaux exécutés selon des normes techniques adaptées et des routes capables de résister aux conditions climatiques locales.


La gestion des eaux de ruissellement, le curage des caniveaux et la protection des points sensibles devraient également occuper une place importante dans les interventions de cette période.


Quelles réponses les autorités doivent-elles apporter ?


La situation appelle des éclaircissements de la part du gouvernement provincial, de la mairie de Kalemie et des services techniques chargés des infrastructures.


Plusieurs questions se posent : quels sont les chantiers actuellement actifs ? Quels travaux sont ralentis ou interrompus ? Quels sont les motifs de ces difficultés ? Quels budgets ont été mobilisés et quelles échéances restent en vigueur ?


Les habitants ont également besoin de connaître les mesures prévues pour les routes déjà dégradées et les dispositions prises afin de maintenir la circulation pendant la saison des pluies.


La publication d’un calendrier actualisé, accompagné de données sur l’avancement physique des travaux, permettrait de mieux apprécier les engagements des autorités et les responsabilités des différents intervenants.


Une communication régulière sur les réalisations effectives contribuerait aussi à réduire le décalage entre les annonces institutionnelles et les attentes de la population.


Une population qui attend désormais des réalisations


À Kalemie, la succession des promesses et des relances de chantiers a progressivement renforcé les attentes des habitants.


Le retour des pluies donne à cette question une urgence particulière. Les difficultés de circulation ne concernent pas uniquement le confort des usagers : elles touchent également les activités commerciales, l’accès aux services, le transport des marchandises et la mobilité quotidienne des familles.


Les investissements engagés sur la route Kalemie–Manono constituent une perspective importante pour le désenclavement du Tanganyika. Mais leur progression ne répond pas, à elle seule, aux besoins de la voirie urbaine de Kalemie.


Les deux enjeux doivent pouvoir avancer de manière complémentaire : renforcer les connexions régionales tout en améliorant les infrastructures utilisées chaque jour par les habitants du chef-lieu provincial.


Alors que la saison des pluies ne fait que commencer, les regards se tournent désormais vers les autorités. La principale attente n’est plus l’annonce de nouveaux chantiers, mais la poursuite effective des travaux déjà promis, leur achèvement et la mise en service de routes durables.


Pour la population de Kalemie, la réponse à cette attente devra avant tout se constater sur le terrain.


✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie


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