KALEMIE, TANGANYIKA — Un atelier de deux jours consacré à la protection des enfants dans les zones affectées par les conflits armés s'est ouvert ce mercredi 14 octobre 2026 à l'Hôtel Tcham, dans la ville de Kalemie. Cette activité, organisée par le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS), bénéficie de l'appui technique et financier du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF). La formation rassemble plusieurs catégories d'acteurs directement impliqués dans les questions de sécurité, de justice et de protection de l'enfant. L'objectif est de renforcer leurs capacités à prévenir les violations graves des droits de l'enfant dans les situations de conflit armé et à apporter des réponses adaptées lorsqu'elles surviennent. Au-delà des échanges théoriques, les organisateurs prévoient des engagements au niveau des unités concernées, notamment la désignation de points focaux chargés de promouvoir le respect des droits de l'enfant. Parmi les participants figurent des officiers et sous-officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des magistrats de l'Auditorat militaire ainsi que des agents de l'Agence nationale de renseignements (ANR) et de la Direction générale de migration (DGM). Des commissaires et officiers de police judiciaire de la Police nationale congolaise (PNC) prennent également part à cette formation, aux côtés d'acteurs spécialisés dans la protection de l'enfant. Cette diversité de participants répond à la nécessité de renforcer la coordination entre les services susceptibles d'entrer en contact avec des enfants affectés par les conflits armés. Dans de telles situations, les enfants peuvent être confrontés à différentes formes de violence, de séparation familiale, d'exploitation ou d'association à des forces et groupes armés. La prévention de ces risques nécessite des connaissances juridiques, mais également des mécanismes permettant d'identifier les enfants concernés et de les orienter vers des services appropriés. L'un des principaux axes de l'atelier porte sur le Plan d'action signé en 2012 entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et les Nations unies dans le cadre de la lutte contre le recrutement et l'utilisation des enfants par les forces et groupes armés. Ce cadre d'engagement constitue une référence importante pour les efforts visant à prévenir les violations graves commises contre les enfants dans les conflits armés. Les participants sont également sensibilisés aux dispositions du droit national et international relatives à la protection de l'enfant. La formation vise ainsi à permettre aux responsables militaires, policiers et judiciaires de mieux comprendre leurs obligations et les procédures à respecter lorsqu'ils sont confrontés à des situations impliquant des mineurs. Une attention particulière est accordée à la prévention, à l'identification des situations à risque et au référencement des enfants vers les structures compétentes. La protection des enfants en période de conflit armé constitue un enjeu majeur de sécurité humaine et de respect des droits fondamentaux. Les violations graves suivies dans le cadre du mécanisme des Nations unies sur les enfants et les conflits armés comprennent notamment le recrutement et l'utilisation d'enfants, les meurtres et mutilations, les violences sexuelles, les enlèvements, les attaques contre les écoles et les hôpitaux ainsi que le refus d'accès humanitaire. Ces différentes formes de violence peuvent avoir des conséquences durables sur la santé, l'éducation, la sécurité et le développement des enfants concernés. La formation organisée à Kalemie entend renforcer la capacité des participants à reconnaître ces risques, à prévenir les comportements contraires aux droits de l'enfant et à faciliter une réponse adaptée. Elle rappelle également que la protection de l'enfant ne relève pas uniquement des organisations humanitaires, mais engage les responsabilités des institutions publiques et des services de sécurité. À l'issue des deux jours de formation, les commandants d'unités participants doivent signer un acte d'engagement en faveur de la protection de l'enfant. Cette démarche vise à traduire les connaissances acquises pendant l'atelier en responsabilités au sein des unités concernées. Il est également prévu que chaque unité désigne un point focal chargé de la protection de l'enfant. Ces points focaux auront notamment pour mission de promouvoir le respect des droits de l'enfant et de faciliter le référencement approprié des enfants affectés par les conflits vers les mécanismes de prise en charge compétents. Le dispositif envisagé pourrait contribuer à améliorer la circulation des informations et la coordination entre les services de sécurité et les acteurs de protection. La signature effective des engagements et la désignation des points focaux devront toutefois être confirmées à l'issue de l'atelier. Intervenant dans le cadre de cette activité, Amadou Badamassi, du secteur de la protection de l'enfance de l'UNICEF à Kalemie, a insisté sur la responsabilité collective des institutions et des communautés dans la protection des enfants. « Un enfant n'est jamais un combattant. La protection de l'enfance est une responsabilité partagée qui contribue directement à la consolidation de la paix et de la sécurité. » Cette déclaration souligne l'importance d'une approche centrée sur les droits et les besoins des enfants, y compris lorsqu'ils ont été associés à des forces ou groupes armés. Dans ces circonstances, la protection, l'accompagnement et l'orientation vers les services adaptés constituent des éléments essentiels de la réponse. Dans la province du Tanganyika, où certaines communautés ont été affectées par des épisodes de violences et de déplacements de population, la protection des enfants demeure une préoccupation importante. Les situations de conflit peuvent fragiliser les mécanismes familiaux et communautaires de protection, interrompre la scolarité et exposer davantage les mineurs aux risques d'exploitation et de violence. Le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité peut contribuer à améliorer la prévention de ces risques, à condition que les connaissances transmises soient effectivement appliquées sur le terrain. L'implication des services judiciaires et des acteurs spécialisés vise également à favoriser une réponse coordonnée lorsqu'une violation est signalée. Le défi dépasse donc le cadre de la formation : il concerne la mise en œuvre des engagements, leur suivi et la capacité des institutions à protéger les enfants dans la durée. Prévu jusqu'au jeudi 15 octobre 2026, l'atelier organisé à Kalemie par le P-DDRCS avec l'appui de l'UNICEF doit déboucher sur des engagements au sein des unités représentées. La signature annoncée des actes d'engagement et la désignation de points focaux constituent les principales mesures attendues à l'issue des travaux. Leur efficacité dépendra cependant de la manière dont elles seront appliquées dans les pratiques quotidiennes des services concernés. Car protéger les enfants affectés par les conflits armés ne se limite pas à connaître les textes ou à signer des engagements : cela exige que, sur le terrain, chaque enfant rencontré soit d'abord reconnu comme une personne à protéger, et non comme un acteur du conflit. ✍️ Joël TCHOMBA | TRACE KalemieDes forces de défense et de sécurité réunies autour de la protection de l'enfant
Le Plan d'action de 2012 au cœur de la formation
Prévenir les violations graves contre les enfants
Des actes d'engagement attendus à la clôture
« Un enfant n'est jamais un combattant »
Un enjeu de protection et de consolidation de la paix au Tanganyika
Après la formation, l'enjeu sera l'application des engagements
Kalemie : FARDC, police et services de sécurité mobilisés pour protéger les enfants des conflits armés
À Kalemie, le P-DDRCS et l'UNICEF organisent une formation de deux jours sur la protection des enfants affectés par les conflits armés, à l'intention des forces de défense et de sécurité.

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