KALEMIE, TANGANYIKA — L'insalubrité, l'insécurité et les difficultés d'accès à l'énergie électrique figurent au cœur d'un plaidoyer présenté, mercredi 14 octobre 2026, au bourgmestre de la commune de Lukuga, Zedi Kisimba Joseph, par les femmes leaders de la province du Tanganyika. Portée par la conseillère communale Marguerite Kifindo, au nom du mouvement « Rien sans les femmes », cette démarche vise à attirer l'attention de l'autorité communale sur plusieurs problèmes qui affectent les conditions de vie des habitants de cette partie de Kalemie. Le mémorandum a été lu en présence du bourgmestre et des chefs de quartiers. Il formule des préoccupations relatives à l'entretien du cadre de vie, à la sécurité communautaire et à l'approvisionnement en électricité, particulièrement dans les secteurs de Filtisaf et de Kituku. À l'approche de la saison des pluies, les femmes leaders demandent à l'administration communale de renforcer les opérations d'assainissement. Leur plaidoyer insiste notamment sur la nécessité de procéder au curage des caniveaux et au balayage régulier des routes, afin d'améliorer les conditions d'hygiène et de limiter les risques liés à l'accumulation des déchets. Dans les quartiers où les caniveaux sont obstrués, les eaux de pluie peuvent difficilement s'écouler, favorisant des stagnations d'eau et des débordements localisés. Ces situations peuvent détériorer le cadre de vie, compliquer les déplacements et exposer certaines habitations à des désagréments supplémentaires pendant les fortes précipitations. Pour les femmes leaders, la prévention doit donc commencer avant l'installation des pluies, à travers des interventions d'entretien visibles et régulières. Le mémorandum appelle ainsi l'autorité communale à accorder une attention particulière à l'état des voies publiques et des ouvrages de drainage. Le deuxième volet du plaidoyer concerne la sécurité dans les quartiers de Lukuga. Les femmes leaders du mouvement « Rien sans les femmes » affirment être préoccupées par la consommation de chanvre et de boissons fortement alcoolisées par certains mineurs. Selon elles, ces pratiques favoriseraient des comportements violents et d'autres actes délictueux dans certains secteurs de la commune. Ces affirmations reflètent les préoccupations exprimées dans le mémorandum. Elles ne constituent pas, à elles seules, des statistiques officielles sur la délinquance ni une démonstration d'un lien direct entre les comportements évoqués et des infractions particulières. La question soulevée renvoie néanmoins à plusieurs enjeux : la protection des mineurs, la prévention des addictions, l'encadrement des jeunes et la sécurité des espaces communautaires. Une réponse adaptée pourrait nécessiter la collaboration des autorités administratives, des services compétents, des familles et des acteurs communautaires. Le plaidoyer invite ainsi les responsables locaux à examiner les préoccupations signalées et à rechercher des mesures de prévention appropriées. La troisième revendication concerne l'accès à l'énergie électrique, un problème particulièrement sensible à Kalemie. Selon les informations présentées par les femmes leaders, des habitants du quartier Filtisaf et de certaines avenues de Kituku seraient privés de courant depuis près de trois mois. Les plaignants affirment que cette situation persiste malgré le paiement régulier de leurs factures d'électricité. Si elle est confirmée, une interruption d'une telle durée soulèverait des interrogations sur la continuité du service, les causes techniques de la panne et les informations communiquées aux abonnés. Les femmes leaders demandent au bourgmestre d'intervenir auprès de la Société nationale d'électricité (SNEL) afin d'obtenir des explications et de rechercher une solution. Elles souhaitent que cette démarche soit portée à la connaissance du maire de Kalemie et du gouverneur de la province du Tanganyika. À ce stade, les éléments transmis ne comprennent pas de réaction de la SNEL sur les interruptions précisément signalées à Filtisaf et Kituku. Il n'est donc pas possible de déterminer la cause des coupures ni d'annoncer un calendrier de rétablissement. Dans leur mémorandum, les femmes leaders insistent sur les conséquences économiques et sociales d'un accès irrégulier à l'électricité. Elles résument leur position par une formule : « L'électricité n'est pas un luxe, mais un moteur de développement. » Au-delà de l'éclairage domestique, l'énergie électrique joue un rôle dans le fonctionnement des petits commerces, des ateliers, des équipements de conservation et de nombreuses activités génératrices de revenus. Des interruptions prolongées peuvent contraindre certains opérateurs à utiliser des solutions alternatives, parfois plus coûteuses, ou à réduire leurs activités. Pour les ménages, l'absence de courant affecte également les conditions de vie quotidiennes. La revendication portée par les femmes leaders dépasse ainsi la seule question du confort domestique : elle concerne aussi les possibilités de développement économique local. La démarche du mouvement « Rien sans les femmes » s'inscrit dans une logique de participation citoyenne à la gestion des affaires publiques. En choisissant de présenter un mémorandum au bourgmestre, les participantes entendent faire remonter des préoccupations exprimées au niveau des quartiers. La présence des chefs de quartiers lors de la lecture du document donne également à cette rencontre une dimension de dialogue entre les représentantes du mouvement et les responsables administratifs de proximité. Les trois thèmes retenus — assainissement, sécurité et électricité — concernent des services et des conditions de vie dont l'amélioration nécessite parfois l'intervention de plusieurs institutions. Le bourgmestre peut notamment jouer un rôle de coordination et de plaidoyer auprès des services compétents, même lorsque certaines solutions dépassent les moyens directs de l'administration communale. En réponse aux préoccupations présentées, le bourgmestre de Lukuga, Zedi Kisimba Joseph, a promis d'engager des échanges avec les différentes parties concernées afin de rechercher des solutions appropriées. Selon le compte rendu de la rencontre, l'autorité communale a inscrit cette démarche dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, telle qu'elle est présentée au niveau provincial sous l'impulsion du gouverneur Christian Mutungwa Muteba. Cette référence politique a été formulée dans la réponse du bourgmestre. Elle ne constitue pas l'annonce d'un financement, d'un programme spécifique ou d'une intervention déjà décidée. Aucun calendrier précis n'a été communiqué concernant les discussions promises ou les éventuelles mesures qui pourraient en découler. La rencontre du 14 octobre constitue une étape de dialogue entre les femmes leaders et l'administration communale. Mais les préoccupations soulevées nécessitent désormais des réponses concrètes. En matière d'assainissement, les habitants pourraient notamment attendre des informations sur les opérations de curage et d'entretien prévues avant les fortes pluies. Sur le plan sécuritaire, les services compétents devront pouvoir examiner les situations signalées et déterminer les mesures de prévention adaptées. Concernant l'électricité, les abonnés affectés auront surtout besoin de connaître les causes des interruptions et les perspectives de rétablissement du service. Le suivi de ces trois dossiers permettra d'apprécier la portée réelle du plaidoyer présenté par les femmes leaders. En portant les préoccupations de la population devant le bourgmestre, Marguerite Kifindo et les femmes leaders du mouvement « Rien sans les femmes » ont mis en lumière des difficultés qui touchent directement le quotidien des habitants de Lukuga. L'assainissement des quartiers, la prévention de l'insécurité et l'accès à une électricité régulière constituent trois enjeux distincts, mais liés à une même exigence : l'amélioration des conditions de vie. La réponse du bourgmestre ouvre la perspective d'échanges avec les services concernés. Reste à savoir quelles décisions suivront et dans quels délais elles pourront produire des résultats. Pour les habitants de Filtisaf, de Kituku et des autres quartiers concernés, la réussite de cette démarche ne se mesurera pas au nombre de réunions organisées, mais à des caniveaux entretenus, à des rues plus sûres et, surtout, au retour effectif de l'électricité dans les foyers qui en sont privés. ✍️ La Rédaction | TRACE KalemieL'assainissement au premier rang des préoccupations
Des inquiétudes sécuritaires liées à la consommation de stupéfiants et d'alcool
Filtisaf et Kituku : près de trois mois sans électricité, selon les habitants
« L'électricité n'est pas un luxe, mais un moteur de développement »
Une interpellation citoyenne adressée à l'autorité communale
Zedi Kisimba Joseph promet des échanges avec les parties concernées
Des engagements attendus sur le terrain
De la parole aux actes : le véritable enjeu pour Lukuga
Kalemie : trois mois sans courant à Filtisaf et Kituku, les femmes leaders interpellent le bourgmestre de Lukuga
À Kalemie, les femmes leaders interpellent le bourgmestre de Lukuga sur l'insalubrité, l'insécurité et les coupures d'électricité signalées depuis près de trois mois à Filtisaf et Kituku.

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