KALEMIE, 7 NOVEMBRE 2026 — Malgré l’existence de plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux garantissant l’égalité de genre et la participation des femmes aux instances de décision, leur application effective demeure un défi en République démocratique du Congo. C’est dans cette perspective que le Mouvement Rien Sans Les Femmes (RSLF) a organisé, samedi 7 novembre 2026, une table ronde au Centre Neema, dans la ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika. Cette rencontre était consacrée à la présentation d’un recueil des cadres législatifs et politiques relatifs aux droits des femmes, avec pour objectif de favoriser une meilleure connaissance de ces instruments et de renforcer leur application dans les institutions et au sein des communautés. L’activité a réuni des représentants des institutions publiques, des services administratifs, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des professionnels des médias. La République démocratique du Congo dispose de plusieurs dispositions juridiques consacrant l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. La Constitution du 18 février 2006, notamment en son article 14, prévoit la protection et la promotion des droits des femmes, leur représentation équitable dans les institutions et la mise en œuvre de la parité. La loi n° 15/013 du 1er août 2015 précise les modalités d’application des droits de la femme et de la parité dans différents domaines de la vie nationale. Malgré ces garanties, la traduction des engagements juridiques en pratiques institutionnelles et sociales reste un enjeu important. La table ronde organisée à Kalemie visait précisément à encourager les acteurs concernés à mieux connaître ces textes et à identifier les obstacles qui freinent leur mise en œuvre. Au cœur des travaux figurait la présentation d’un recueil réunissant des cadres législatifs et politiques relatifs aux droits des femmes. Ce document a été présenté comme un outil destiné à faciliter l’accès aux références juridiques et à renforcer leur appropriation par les institutions, les organisations et les autres parties prenantes. La mise à disposition de tels instruments peut contribuer à améliorer la compréhension des obligations légales et des engagements pris en matière d’égalité de genre. Elle peut également soutenir les actions de sensibilisation, de plaidoyer et de suivi des politiques publiques. La liste exhaustive des textes contenus dans le recueil n’a pas été détaillée dans les informations communiquées. La présentation du document a été assurée par Théophile Bulembe, coordonnateur du secrétariat du Comité provincial de pilotage de la Résolution 1325. Son intervention a porté sur les principaux instruments juridiques qui protègent les droits des femmes et encouragent leur participation à la gouvernance et aux processus de paix. Cette présentation a permis de replacer la question de l’égalité de genre dans un cadre juridique et institutionnel plus large. Elle a également servi de point de départ aux échanges entre les participants sur les difficultés rencontrées dans l’application des textes. La Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2000, constitue une référence importante de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité. Elle souligne notamment la nécessité de renforcer la participation des femmes à la prévention des conflits, aux négociations de paix et aux processus de consolidation de la paix. En République démocratique du Congo, cet agenda fait l’objet de mécanismes et de plans d’action destinés à favoriser sa mise en œuvre. Au niveau provincial, l’implication du Comité de pilotage de la Résolution 1325 permet d’inscrire les discussions sur les droits des femmes dans les préoccupations liées à la gouvernance, à la sécurité et à la construction de la paix. La présence de son coordonnateur à la rencontre de Kalemie témoigne de l’importance accordée à cette dimension dans les échanges. Après la présentation du recueil, les participants ont poursuivi les travaux à travers un panel consacré aux défis et aux opportunités liés à l’application effective des cadres juridiques. Les échanges ont permis d’aborder la nécessité de mieux faire connaître les textes et de renforcer l’engagement des institutions et des acteurs communautaires. La question de l’appropriation des instruments juridiques a occupé une place importante dans les discussions. En effet, l’existence d’une loi ne garantit pas automatiquement que toutes les personnes concernées connaissent son contenu ou disposent des moyens nécessaires pour faire valoir leurs droits. La diffusion de l’information et la mobilisation des acteurs apparaissent donc comme des éléments importants dans la promotion de l’égalité de genre. La table ronde a également été marquée par des travaux en groupes. Cette approche participative a permis aux représentants des différentes structures présentes de réfléchir aux moyens d’améliorer l’application des instruments juridiques relatifs aux droits des femmes. Les participants ont formulé des recommandations destinées à renforcer l’appropriation des textes et l’engagement des parties prenantes. Les propositions issues des groupes ont ensuite été examinées dans le cadre des travaux de la rencontre. Le contenu détaillé des recommandations adoptées n’a pas été communiqué dans le compte rendu transmis. Leur diffusion permettrait de mieux connaître les engagements proposés et les actions envisagées pour leur mise en œuvre. Pour Yvette Kasongo, point focal du Mouvement Rien Sans Les Femmes dans la province du Tanganyika, cette activité représente une occasion de mobiliser les différentes parties prenantes autour de la promotion des droits des femmes. L’initiative vise à rapprocher les acteurs institutionnels, les organisations de la société civile et les partenaires engagés dans les questions de genre. Cette mobilisation collective est importante pour encourager une meilleure prise en compte des droits des femmes dans les politiques et les pratiques institutionnelles. Le Mouvement Rien Sans Les Femmes entend ainsi contribuer à renforcer la connaissance des instruments existants et à promouvoir leur application effective. La présence de représentants des institutions publiques et des services administratifs a constitué un aspect important de cette rencontre. Les institutions jouent en effet un rôle essentiel dans l’application des dispositions légales relatives à l’égalité et à la participation des femmes. Leur implication peut faciliter l’intégration des engagements juridiques dans les pratiques administratives et les mécanismes de décision. La participation des organisations de la société civile permet, de son côté, de faire remonter les préoccupations des communautés et de soutenir les initiatives de sensibilisation. Quant aux médias, ils peuvent contribuer à la diffusion des informations sur les droits et les mécanismes de protection prévus par les textes. La clôture de la table ronde a été assurée par Jean-Pierre Lwamba, conseiller du ministre provincial du Genre, de la Famille et des Enfants au Tanganyika. Intervenant en qualité de représentant du ministre provincial, il a adressé un message d’encouragement aux organisateurs et aux participants. Cette intervention a marqué la fin des travaux consacrés à la présentation du recueil et aux échanges sur son appropriation. La participation du représentant du ministère provincial du Genre souligne la dimension institutionnelle de cette initiative, qui vise à renforcer les efforts de promotion des droits des femmes. La rencontre s’est achevée par l’adoption des recommandations formulées au cours des travaux. Les organisateurs ont également procédé à la remise symbolique du recueil aux institutions et partenaires présents. Cette remise vise à favoriser la diffusion des références juridiques et politiques auprès des structures susceptibles de les utiliser dans leurs activités. La prochaine étape sera notamment de suivre l’utilisation du document et les suites réservées aux recommandations adoptées. Un mécanisme de suivi pourrait permettre de mesurer les progrès accomplis dans la connaissance et l’application des instruments présentés. La table ronde a été mise en œuvre par le Mouvement Rien Sans Les Femmes avec l’appui de CAFOD, grâce au financement de l’Ambassade de Suède. Ce partenariat accompagne les efforts de sensibilisation et de mobilisation autour de la promotion des droits des femmes. Il contribue à créer des espaces de dialogue entre les institutions, les organisations de la société civile et les autres acteurs concernés. La rencontre de Kalemie s’inscrit ainsi dans une démarche de renforcement des connaissances et de promotion d’une meilleure application des cadres juridiques existants. Au-delà de la présentation du recueil, la table ronde du 7 novembre a mis en évidence l’importance de traduire les engagements juridiques en actions concrètes. La protection des droits des femmes, leur participation aux instances de décision et leur implication dans les processus de paix nécessitent une mobilisation continue des institutions et de la société. Les recommandations adoptées à l’issue de la rencontre constituent une base de travail pour les acteurs concernés. À Kalemie, l’enjeu sera désormais d’assurer le suivi de ces recommandations et de faire du recueil présenté un véritable outil de référence pour renforcer l’application des droits des femmes dans la province du Tanganyika.Réduire le fossé entre les textes juridiques et leur application
Un recueil pour faciliter la connaissance des droits des femmes
Théophile Bulembe présente les principaux instruments juridiques
La Résolution 1325 au cœur de la participation des femmes à la paix
Un panel pour examiner les difficultés d’application
Des travaux en groupes pour formuler des recommandations
Yvette Kasongo souligne l’importance de la mobilisation collective
La participation des institutions publiques jugée importante
Jean-Pierre Lwamba clôture les travaux au nom du ministère provincial du Genre
Des recommandations adoptées et un recueil remis symboliquement
Une initiative soutenue par CAFOD et l’Ambassade de Suède
De la connaissance des textes à leur application effective
Kalemie : le mouvement Rien Sans Les Femmes plaide pour l’application effective des lois sur les droits des femmes
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