KASAMA, TANGANYIKA — Soixante-quinze couples du village Kasama, situé à environ 18 kilomètres de Kalemie sur l'axe Moba, ont participé, vendredi 23 octobre 2026, à une séance de formation consacrée à l'égalité de genre, à la prévention des violences basées sur le genre et à la gestion concertée des revenus agricoles. L'activité a été organisée par l'ONG AFEDE dans le cadre du projet « Culture du Haricot et Empouvoirement des Femmes à l'Est de la RDC » (CHEFe), mis en œuvre avec l'appui technique du Centre international d'agriculture tropicale (CIAT) et le financement du gouvernement canadien. Cette formation s'inscrit dans le programme annuel 2026-2027 du projet, qui entend renforcer la place des femmes dans les ménages agricoles et favoriser leur participation aux décisions liées à la production et à la commercialisation du haricot. La séance organisée à Kasama a réuni des femmes et des hommes engagés dans la vie des ménages agricoles. Le choix de former les couples répond à une approche qui considère l'autonomisation des femmes comme un processus impliquant l'ensemble du foyer. Les échanges ont porté sur la répartition des responsabilités, le respect mutuel, la participation aux décisions familiales et la gestion des ressources économiques. En réunissant les conjoints dans un même cadre de sensibilisation, les organisateurs cherchent à favoriser une compréhension partagée des principes d'égalité de genre. Cette démarche vise également à réduire les résistances qui peuvent apparaître lorsque les changements dans les rôles familiaux ne sont abordés qu'avec une seule partie du ménage. Parmi les thématiques développées figure la prise de décision conjointe concernant les revenus du ménage. Dans les familles agricoles, les revenus issus de la vente des récoltes servent notamment à financer l'alimentation, la scolarité, les soins de santé et les prochaines campagnes de production. La manière dont ces ressources sont administrées peut donc influencer les conditions de vie du foyer. Le projet CHEFe encourage une participation plus équilibrée des conjoints aux décisions économiques. Cette approche cherche à promouvoir le dialogue sur l'utilisation des recettes, la planification des dépenses et les investissements nécessaires aux activités agricoles. Elle accorde une attention particulière à la capacité des femmes à participer aux choix qui concernent les revenus auxquels elles contribuent par leur travail. La formation s'inscrit dans une initiative consacrée à la culture du haricot, une activité agricole qui représente une source potentielle de revenus et d'alimentation pour les ménages ruraux. Au-delà des techniques de production, le projet CHEFe s'intéresse aux relations sociales qui influencent la participation des femmes dans cette chaîne de valeur. Les décisions relatives à la préparation des champs, à la gestion des récoltes, au stockage et à la commercialisation peuvent avoir des conséquences directes sur les revenus familiaux. Une participation effective des femmes à ces décisions constitue l'un des objectifs poursuivis par le projet. L'enjeu est notamment de reconnaître leur contribution aux activités agricoles et de renforcer leur capacité à prendre part aux orientations économiques du ménage. La formation ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à une augmentation de la production ou des revenus. De tels résultats nécessiteraient un suivi dans le temps. Les participants ont également été sensibilisés à la masculinité positive, à la féminité responsable et aux violences basées sur le genre (VBG). La masculinité positive encourage notamment des comportements fondés sur le respect, la coopération, le partage des responsabilités et le rejet de la violence. La prévention des VBG constitue un enjeu important pour la sécurité et le bien-être des membres du ménage. Les violences peuvent prendre différentes formes et avoir des conséquences physiques, psychologiques, sociales et économiques. Dans le cadre de cette formation, les organisateurs ont cherché à promouvoir des relations familiales plus équitables et à favoriser la résolution non violente des désaccords. La participation des hommes à ces échanges est considérée comme un élément important pour accompagner l'évolution des comportements au sein des communautés. Le leadership féminin a constitué un autre volet de la formation. Les discussions ont porté sur la place des femmes dans les décisions familiales et dans les activités économiques liées à la culture du haricot. Dans les communautés rurales, les femmes participent à de nombreuses étapes de la production agricole, mais leur présence dans les espaces de décision peut rester limitée. Le projet CHEFe cherche à renforcer leur capacité à exprimer leurs opinions, à participer aux choix économiques et à contribuer aux orientations prises au sein du ménage. Cette participation peut également favoriser une meilleure reconnaissance de leur rôle dans les activités productives. Pour les organisateurs, l'implication des hommes est nécessaire afin que cette évolution soit comprise et acceptée dans les familles. Le chef de projet au sein de l'ONG AFEDE, Léonce Shabani, a souligné l'importance de former les couples plutôt que de limiter les activités de sensibilisation aux femmes. Selon les explications rapportées, cette approche doit contribuer à une meilleure acceptation communautaire de l'égalité de genre et du leadership féminin. L'objectif est de favoriser des changements dans les relations au sein des ménages, en associant les deux conjoints à la réflexion sur les responsabilités et les décisions économiques. La démarche repose sur l'idée qu'une autonomisation durable des femmes nécessite aussi un environnement familial favorable. Elle vise ainsi à encourager une collaboration plus étroite entre les femmes et les hommes dans la gestion des activités agricoles. La formation de Kasama fait partie des activités du projet CHEFe prévues dans le programme 2026-2027. Cette initiative bénéficie de l'appui technique du Centre international d'agriculture tropicale (CIAT) et du financement du gouvernement canadien. La combinaison d'un accompagnement agricole et d'une sensibilisation aux questions de genre vise à agir sur plusieurs dimensions du développement rural. Elle permet d'aborder simultanément les enjeux de production, d'accès aux ressources et de participation aux décisions économiques. La contribution des partenaires techniques et financiers accompagne ainsi les efforts de l'ONG AFEDE auprès des communautés bénéficiaires. Les résultats de ces interventions devront être appréciés à travers le suivi des activités et l'évolution des pratiques au sein des ménages concernés. À travers cette formation, AFEDE cherche à encourager une organisation familiale reposant davantage sur le dialogue, le respect et la responsabilité partagée. Dans les ménages agricoles, la concertation peut notamment faciliter la planification des activités, la gestion des dépenses et la préparation des campagnes de production. La reconnaissance du rôle économique des femmes constitue également un élément important pour leur autonomisation. Les changements recherchés ne concernent donc pas uniquement les relations familiales, mais aussi la participation aux activités productives. La mise en pratique des enseignements reçus dépendra cependant de l'adhésion des participants et de la continuité de l'accompagnement. La formation des 75 couples de Kasama représente une étape dans la mise en œuvre du projet CHEFe. Pour mesurer son efficacité, il sera important d'observer si les connaissances acquises se traduisent progressivement par des changements dans la prise de décision, la gestion des revenus et la participation des femmes aux activités économiques. Le suivi pourrait également permettre d'identifier les difficultés rencontrées par les ménages dans l'application des principes abordés. Les informations disponibles ne précisent pas encore les prochaines étapes d'accompagnement prévues pour les couples formés. En associant femmes et hommes à une même démarche de sensibilisation, l'ONG AFEDE et ses partenaires entendent contribuer à des relations familiales plus équitables et à une participation renforcée des femmes dans la filière du haricot au Tanganyika. La formation organisée à Kasama illustre ainsi une approche du développement rural qui associe les questions agricoles aux enjeux sociaux et économiques des ménages. ✍️ La Rédaction | TRACE Kalemie75 couples réunis autour des enjeux d'égalité de genre
La gestion conjointe des revenus agricoles au centre de la formation
Renforcer la place des femmes dans la filière du haricot
Masculinité positive et prévention des violences basées sur le genre
Le leadership féminin encouragé
Léonce Shabani insiste sur l'implication des couples
Un projet soutenu par le CIAT et le gouvernement canadien
Vers des ménages agricoles plus équitables
Un accompagnement à suivre dans la durée
Tanganyika : 75 couples formés à Kasama sur l’égalité de genre et la gestion des revenus agricoles
À Kasama, près de Kalemie, l’ONG AFEDE a formé 75 couples sur l’égalité de genre, la gestion conjointe des revenus agricoles et le leadership féminin.

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