LUBADJI, TANGANYIKA — Des travailleurs du port de Mutoa, dans la province du Tanganyika, dénoncent des conditions de travail qu'ils jugent difficiles et appellent les autorités provinciales à intervenir. Rencontrés vendredi 23 octobre 2026 par une équipe de TRACE Kalemie lors d'une descente sur l'axe Kalemie–Manono, ils ont notamment évoqué la faiblesse de leurs rémunérations, le manque d'équipements de travail et des difficultés avec certains responsables chinois. Le reportage s'est déroulé dans le secteur de Lubadji, où l'équipe a également observé la présence de camions assurant des rotations entre Kalemie et Manono. La mission n'a pas été poursuivie jusqu'à Manono. Les témoignages recueillis mettent en lumière les préoccupations de travailleurs qui souhaitent voir leurs conditions professionnelles examinées par les autorités compétentes. Parmi les premières difficultés évoquées figure l'insuffisance d'équipements destinés aux travailleurs. Les personnes interrogées affirment ne pas bénéficier de kits vestimentaires complets, notamment de tenues de travail et d'autres accessoires nécessaires à l'exercice de leurs fonctions. Selon leurs déclarations, leurs homologues travaillant à Manono Lithium disposeraient, quant à eux, d'équipements plus complets. Cette différence de traitement présumée alimente un sentiment d'inégalité chez les travailleurs rencontrés à Mutoa. Dans les activités de manutention et de logistique, la disponibilité d'équipements adaptés constitue pourtant un élément important de la prévention des accidents professionnels. Selon les tâches effectuées et les risques identifiés, ces équipements peuvent comprendre des chaussures de sécurité, des gants, des casques, des vêtements de protection ou des dispositifs de signalisation. La nature exacte des équipements obligatoires sur le site devra être appréciée au regard des postes occupés et des règles applicables en matière de santé et de sécurité au travail. La question salariale constitue une autre préoccupation majeure des travailleurs rencontrés. Certains affirment percevoir des rémunérations mensuelles de l'ordre de 300 000 à 350 000 francs congolais pour des fonctions de manœuvres ou de travailleurs affectés à diverses tâches. Ils estiment ces montants insuffisants au regard des efforts fournis et des contraintes de leur activité professionnelle. Les personnes interrogées évoquent également des sanctions qui, selon elles, entraîneraient parfois une réduction supplémentaire des sommes effectivement perçues. Les travailleurs n'ont cependant pas fourni, dans les éléments transmis à la rédaction, de bulletins de paie ou de documents permettant de vérifier les montants déclarés et la nature exacte de ces retenues. Il reste notamment à établir si les sommes évoquées correspondent à des salaires de base, à des rémunérations nettes ou à des paiements incluant certaines primes. Pour illustrer leur mécontentement, les travailleurs établissent une comparaison avec les conditions qu'ils attribuent à leurs homologues de Manono Lithium. Selon leurs déclarations, des travailleurs occupant des fonctions similaires à Manono percevraient environ 800 000 francs congolais par mois. Ils s'interrogent ainsi sur les raisons d'un écart aussi important entre les rémunérations qu'ils déclarent percevoir à Mutoa et celles qu'ils attribuent aux travailleurs de Manono. Cette comparaison reste toutefois à vérifier. Les deux sites peuvent relever de structures contractuelles, de catégories professionnelles ou de régimes de rémunération différents. Aucun élément documentaire ne permet, à ce stade, de confirmer que les postes comparés présentent exactement les mêmes responsabilités et conditions d'emploi. Une vérification des contrats, des grilles salariales et des statuts des travailleurs serait nécessaire pour établir la réalité et les causes éventuelles de cet écart. Au-delà du niveau des salaires, les travailleurs dénoncent les conséquences financières de certaines sanctions appliquées sur leur lieu de travail. Ils affirment que les montants perçus peuvent être inférieurs aux rémunérations habituelles lorsqu'ils font l'objet de mesures disciplinaires. Ces déclarations soulèvent la question des règles encadrant les sanctions professionnelles et les éventuelles retenues sur rémunération. Pour apprécier la régularité de ces pratiques, il serait nécessaire de connaître la nature des sanctions, les motifs invoqués, les procédures suivies et les dispositions contractuelles applicables. Les services compétents de l'Inspection du travail pourraient, le cas échéant, examiner les situations signalées. À ce stade, les informations recueillies ne permettent pas de conclure à une violation établie de la législation du travail. Les travailleurs rencontrés ont également fait état de difficultés dans leurs relations professionnelles avec certains responsables chinois présents dans leur environnement de travail. Ils dénoncent des comportements qu'ils jugent sévères et un traitement qu'ils estiment peu favorable à leur égard. Les témoignages transmis à TRACE Kalemie ne détaillent toutefois pas suffisamment les faits reprochés pour permettre d'en établir la nature précise ou d'en vérifier les circonstances. Ces préoccupations méritent d'être examinées sans généralisation à l'ensemble des ressortissants chinois ou des responsables intervenant dans les activités concernées. Le respect mutuel, la communication entre responsables et employés ainsi que l'existence de mécanismes de règlement des différends constituent des éléments importants pour préserver un climat professionnel acceptable. La version des responsables concernés reste nécessaire pour compléter ces témoignages. Face à ces difficultés, les travailleurs rencontrés sollicitent particulièrement l'intervention du gouverneur de la province du Tanganyika. Ils souhaitent que les autorités provinciales s'intéressent à leurs conditions de rémunération, à la disponibilité des équipements et aux relations entre les travailleurs et leurs responsables. Certains estiment que leur proximité géographique avec Kalemie, siège des institutions provinciales, devrait faciliter la prise en compte de leurs préoccupations. Leur démarche traduit une attente de médiation et d'amélioration de leurs conditions professionnelles. Les travailleurs espèrent notamment que les services compétents pourront examiner leurs revendications et favoriser un dialogue avec les responsables des activités concernées. La descente de TRACE Kalemie s'est déroulée sur une portion de l'axe routier reliant Kalemie à Manono. Dans le secteur de Lubadji, l'équipe a rencontré plusieurs camions effectuant des déplacements entre les deux villes. Cette présence illustre la circulation de véhicules de transport sur cet axe, qui joue un rôle dans les échanges et les activités logistiques de la province. La mission s'étant limitée au secteur du péage situé à environ 25 kilomètres de Kalemie et à la zone de Lubadji, les observations ne permettent pas de dresser un état général de l'ensemble de la route jusqu'à Manono. Les conditions de circulation, les volumes de marchandises transportées et l'organisation globale des activités logistiques nécessiteraient des investigations complémentaires. Les témoignages recueillis au port de Mutoa soulèvent plusieurs questions concernant les conditions de travail dans les activités liées au transport et à la logistique. Les travailleurs disposent-ils des équipements nécessaires à leurs fonctions ? Comment les rémunérations sont-elles déterminées ? Quelles règles encadrent les sanctions ? Existe-t-il un mécanisme permettant aux employés de présenter leurs réclamations ? Ces interrogations appellent des réponses de la part des responsables des installations concernées et, si nécessaire, des services provinciaux du Travail. Une comparaison documentée des conditions d'emploi à Mutoa et à Manono permettrait également de mieux comprendre les différences dénoncées. La rédaction de TRACE Kalemie n'a pas encore obtenu les documents salariaux ni les explications des directions concernées permettant de confirmer ou de contester les montants et pratiques rapportés. Pour les personnes rencontrées à Lubadji, les revendications portent avant tout sur une amélioration concrète de leur quotidien professionnel. La fourniture d'équipements adaptés, la clarification des rémunérations, l'examen des sanctions et l'amélioration des relations de travail figurent parmi leurs principales attentes. Leur appel s'adresse particulièrement aux autorités provinciales, qu'elles souhaitent voir intervenir pour faciliter la recherche de solutions. Ce reportage met ainsi en lumière des préoccupations sociales exprimées directement par des travailleurs du port de Mutoa. Les accusations et comparaisons salariales rapportées restent à confronter aux documents professionnels et aux réponses des responsables concernés. TRACE Kalemie demeure disposé à recueillir les explications des entreprises citées, des responsables du site et des services compétents afin de compléter ce reportage. ✍️ La Rédaction | TRACE KalemieDes travailleurs réclament des tenues et des équipements adaptés
Des rémunérations comprises entre 300 000 et 350 000 francs congolais, selon les témoignages
Une différence salariale dénoncée avec Manono Lithium
Des sanctions qui suscitent des interrogations
Des difficultés signalées avec certains responsables chinois
Un appel adressé au gouverneur du Tanganyika
Sur l'axe Kalemie–Manono, une activité de transport toujours visible
Des revendications qui appellent des vérifications
Les travailleurs attendent une amélioration de leur situation
Tanganyika : au port de Mutoa, des travailleurs dénoncent leurs faibles salaires et des conditions de travail difficiles
Au port de Mutoa, des travailleurs rencontrés par TRACE Kalemie dénoncent de faibles salaires, le manque d’équipements et des sanctions affectant leurs revenus.

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