KALEMIE, TANGANYIKA — Le Mouvement Rien Sans les Femmes (RSLF) appelle les autorités provinciales du Tanganyika à renforcer la participation des femmes aux mécanismes de prévention des conflits, de sécurité et de consolidation de la paix. Ce plaidoyer a été présenté jeudi 5 novembre 2026 aux responsables des institutions provinciales, notamment au président de l’Assemblée provinciale et au gouverneur. Conduite par Yvette Kasongo, point focal du mouvement au Tanganyika, cette démarche vise à promouvoir une reconnaissance effective du rôle des femmes dans la recherche de solutions aux défis sécuritaires et humanitaires auxquels sont confrontées certaines communautés de la province. Le mouvement estime que les femmes ne doivent pas être considérées uniquement comme des victimes des conflits, mais également comme des actrices capables de contribuer à leur prévention, à la médiation et à la construction d’une paix durable. La démarche entreprise par le Mouvement Rien Sans les Femmes s’inscrit dans une volonté de renforcer le dialogue entre les organisations féminines et les institutions chargées de la gouvernance provinciale. Les responsables du mouvement ont porté leurs recommandations à l’attention des autorités du Tanganyika afin d’encourager une meilleure prise en compte des femmes dans les décisions relatives à la paix et à la sécurité. Le plaidoyer s’adresse particulièrement aux institutions qui interviennent dans l’élaboration des politiques publiques, le suivi des questions sécuritaires et la protection des populations. À travers cette initiative, le RSLF souhaite que les préoccupations exprimées par les femmes soient davantage intégrées dans les mécanismes de concertation existants. L’un des principaux messages défendus par le mouvement concerne la place des femmes dans les processus de prévention et de résolution des conflits. Dans les situations d’insécurité, les femmes et les filles peuvent subir des conséquences particulièrement graves, notamment les déplacements forcés, les violences et la dégradation des conditions de vie. Mais leur rôle ne se limite pas à celui de personnes affectées par ces crises. Les femmes peuvent également contribuer à la prévention des tensions communautaires, au dialogue entre les groupes et à la recherche de solutions pacifiques. Leur participation aux espaces de décision permet notamment de faire entendre des préoccupations qui risquent d’être insuffisamment prises en compte lorsque ces mécanismes ne sont pas inclusifs. Pour le RSLF, il importe donc de reconnaître cette contribution et de créer les conditions favorables à une participation effective. Le mouvement s’appuie notamment sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2000. Ce texte constitue une référence majeure de l’agenda international Femmes, Paix et Sécurité. Il souligne l’importance de la participation des femmes aux processus de prévention des conflits, aux négociations de paix et aux efforts de reconstruction après les crises. Il appelle également à renforcer leur protection contre les violences liées aux conflits. En République démocratique du Congo, la mise en œuvre de cet agenda concerne aussi les mécanismes nationaux et provinciaux engagés dans les questions de paix, de sécurité et de protection des droits humains. Le plaidoyer du RSLF entend contribuer à la traduction de ces engagements en pratiques concrètes au niveau du Tanganyika. Outre la Résolution 1325, le mouvement fait référence à l’article 14 de la Constitution de la République démocratique du Congo. Cette disposition prévoit notamment la protection et la promotion des droits des femmes ainsi que leur représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. Elle constitue l’un des fondements juridiques de la promotion de la parité et de la participation des femmes à la vie publique. Pour les organisations engagées dans la défense des droits des femmes, l’enjeu ne réside donc pas uniquement dans l’existence des textes, mais aussi dans leur application effective. La participation des femmes aux mécanismes provinciaux de sécurité s’inscrit dans cette réflexion plus large sur l’égalité et la représentation au sein des instances de décision. Parmi les recommandations présentées aux autorités figure le renforcement de la sécurité dans les territoires de Nyunzu et de Moba. Le mouvement souhaite que les préoccupations sécuritaires des populations de ces entités soient davantage prises en compte dans les interventions des autorités compétentes. Cette recommandation souligne l’importance d’une approche de prévention des conflits intégrant les besoins des communautés locales. Elle met également en évidence la nécessité d’associer les femmes aux discussions portant sur la sécurité dans leurs milieux de vie. Les informations communiquées ne précisent pas les mesures opérationnelles proposées pour chacun des deux territoires. Le contenu détaillé du mémorandum de plaidoyer permettrait d’identifier les actions prioritaires envisagées. Le RSLF appelle également à améliorer l’assistance aux personnes déplacées par les situations de conflit et d’insécurité. Les déplacements de population peuvent entraîner des difficultés importantes, notamment en matière d’hébergement, d’alimentation, d’accès aux soins et de protection. Les femmes, les enfants et les autres personnes vulnérables peuvent rencontrer des besoins particuliers dans ces circonstances. Une réponse humanitaire adaptée nécessite une bonne identification des populations concernées et une prise en compte de leurs besoins spécifiques. L’intégration des organisations féminines dans les mécanismes de concertation pourrait contribuer à mieux documenter certaines préoccupations et à faciliter le dialogue avec les communautés. Le mouvement demande ainsi que les efforts de protection et d’assistance soient renforcés au bénéfice des populations affectées. Les violences basées sur le genre figurent également parmi les préoccupations exprimées dans le plaidoyer. Le mouvement appelle à renforcer les actions de prévention et de protection contre ces violences. La lutte contre les violences basées sur le genre implique notamment la sensibilisation des communautés, l’accès à des services de prise en charge adaptés et l’existence de mécanismes permettant aux victimes de signaler les faits en toute sécurité. Elle nécessite aussi une coordination entre les structures sanitaires, les services sociaux, les acteurs judiciaires et les organisations spécialisées. Le plaidoyer du RSLF inscrit cette problématique dans une approche plus large de protection des droits et de participation des femmes à la consolidation de la paix. L’une des principales recommandations concerne la représentation des organisations féminines dans les cadres provinciaux de concertation sur la sécurité. Le mouvement souhaite que les femmes disposent d’espaces leur permettant de participer aux discussions et de contribuer à l’identification des solutions. Cette participation pourrait notamment favoriser une meilleure remontée des préoccupations communautaires vers les institutions compétentes. Elle pourrait également renforcer les échanges entre les autorités et les organisations actives dans la prévention des conflits. La présence de femmes dans ces mécanismes ne devrait toutefois pas se limiter à une représentation symbolique. Pour être effective, elle doit permettre une contribution réelle aux débats, aux recommandations et au suivi des décisions. Selon les informations rapportées à l’issue de cette démarche, les autorités provinciales ont accueilli le plaidoyer et promis d’accompagner les initiatives et recommandations formulées par le mouvement. Cette réaction constitue un engagement annoncé en faveur de la poursuite du dialogue avec les organisations féminines. Les modalités précises de cet accompagnement n’ont cependant pas été détaillées. Il reste notamment à déterminer quelles mesures pourraient être prises pour renforcer la représentation des femmes dans les espaces provinciaux de concertation. Un suivi des engagements institutionnels sera donc nécessaire pour apprécier les suites concrètes réservées aux recommandations. Le plaidoyer a été conduit par Yvette Kasongo, point focal du Mouvement Rien Sans les Femmes dans la province du Tanganyika. À travers cette action, le mouvement poursuit ses efforts de mobilisation en faveur d’une participation accrue des femmes aux processus de paix et aux instances de décision. La démarche met en relation les organisations de défense des droits des femmes et les responsables institutionnels autour de préoccupations communes liées à la sécurité et à la protection des populations. Elle vise également à encourager la prise en compte des recommandations issues des organisations féminines dans les réponses provinciales aux défis sécuritaires. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « IMPACT : Femmes de la RDC, actrices de la paix et de la transformation sociale ». Le projet, financé par Kvinna till Kvinna, accompagne les actions visant à renforcer la place des femmes dans les dynamiques de paix et de transformation sociale. Dans ce cadre, le plaidoyer auprès des institutions provinciales constitue un moyen de promouvoir une meilleure reconnaissance du rôle des femmes dans les processus de décision. Il contribue également à sensibiliser les responsables publics sur les engagements juridiques et politiques relatifs à leur participation. La démarche du Mouvement Rien Sans les Femmes intervient dans un contexte où les questions de sécurité, de protection des personnes déplacées et de participation citoyenne demeurent importantes pour plusieurs communautés du Tanganyika. Les recommandations présentées aux autorités provinciales mettent en évidence la nécessité de renforcer la place des femmes dans les réponses apportées à ces défis. Si les promesses d’accompagnement formulées par les institutions constituent une première réponse, leur traduction en mesures concrètes reste attendue. Le suivi des engagements, l’intégration des organisations féminines dans les cadres de concertation et la prise en compte des besoins des populations affectées seront déterminants pour apprécier les avancées. Pour le Mouvement Rien Sans les Femmes, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les femmes du Tanganyika soient pleinement associées aux décisions qui concernent la paix, la sécurité et l’avenir de leurs communautés.Un plaidoyer adressé aux institutions provinciales
Les femmes, actrices de paix et non uniquement victimes des conflits
La Résolution 1325 comme fondement du plaidoyer
L’article 14 de la Constitution congolaise également invoqué
Nyunzu et Moba au centre des préoccupations sécuritaires
Une meilleure assistance aux personnes déplacées réclamée
La lutte contre les violences basées sur le genre parmi les priorités
Intégrer les organisations féminines dans les cadres de concertation sécuritaire
Les autorités provinciales promettent leur accompagnement
Yvette Kasongo conduit la démarche au Tanganyika
Une action inscrite dans le projet IMPACT
Du plaidoyer aux engagements concrets
Tanganyika : Rien Sans les Femmes plaide pour une participation accrue des femmes aux mécanismes de paix
Le Mouvement Rien Sans les Femmes (RSLF) a présenté, jeudi 5 novembre 2026, un plaidoyer aux autorités provinciales du Tanganyika pour renforcer la participation des femmes aux mécanismes d...

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