KALEMIE, 28 OCTOBRE 2026 — Dans la ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, les coupures répétées d’électricité continuent de soulever une question essentielle : comment garantir durablement une fourniture de courant stable aux ménages, aux entreprises et aux services publics ? Après plusieurs interventions techniques annoncées par la Société nationale d’électricité (SNEL), les habitants attendent des améliorations qui dépassent le simple rétablissement temporaire de l’alimentation. Le débat concerne à la fois la centrale hydroélectrique de Bendera, les lignes de transport, le réseau de distribution et les investissements nécessaires à la modernisation des installations. Les interruptions électriques ne représentent pas seulement une difficulté pour l’éclairage domestique. Elles peuvent affecter l’accès à l’eau potable, les activités commerciales, la conservation des produits et la continuité des soins médicaux. La centrale hydroélectrique de Bendera occupe une place majeure dans l’alimentation électrique de Kalemie. Son fonctionnement et la disponibilité de la ligne de transport reliant Bendera à la ville jouent un rôle déterminant dans la qualité de la desserte. Au début du mois d’octobre 2026, la SNEL avait annoncé l’arrêt programmé du groupe principal numéro 2 de la centrale pour permettre le reconditionnement de sa roue Pelton, un composant essentiel de la turbine hydroélectrique. Ces travaux étaient programmés du 3 au 12 octobre, avec des perturbations importantes de la fourniture d’électricité pendant la période d’intervention. Le 24 octobre, une nouvelle communication de la SNEL a annoncé des coupures quotidiennes à compter du 25 octobre, pendant vingt jours, pour permettre le remplacement d’éléments des chaînes d’isolateurs sur la ligne haute tension de 132 kilovolts Bendera–Kalemie. Les interruptions ont été programmées de 8 h 05 à 16 h 00, selon le calendrier communiqué par l’entreprise. Ces opérations concernent des équipements différents : d’un côté, la production hydroélectrique ; de l’autre, le transport de l’énergie vers Kalemie. Cette distinction est importante pour comprendre pourquoi une intervention sur la centrale ne suffit pas nécessairement à résoudre toutes les difficultés du réseau. La question du vieillissement des infrastructures revient régulièrement dans les préoccupations liées à l’électricité à Kalemie. Une installation électrique comprend plusieurs éléments interdépendants : turbines, alternateurs, transformateurs, lignes haute tension, postes électriques et réseaux de distribution. Une défaillance peut apparaître à chacune de ces étapes et provoquer des interruptions dont l’ampleur dépend de la configuration du réseau. Pour établir un diagnostic précis, il est nécessaire de connaître l’âge des principaux équipements, leur état de fonctionnement, la fréquence des incidents et les opérations de maintenance déjà réalisées. La SNEL devrait notamment pouvoir préciser quels composants nécessitent une réhabilitation, lesquels peuvent encore fonctionner après entretien et lesquels doivent être remplacés. Sans ces données, il serait prématuré d’attribuer l’ensemble des coupures à une seule cause technique. Les interventions de maintenance sont nécessaires pour réparer les équipements défectueux et prévenir certaines pannes. Toutefois, lorsque plusieurs parties d’un système électrique présentent des fragilités, la réparation d’un composant ne garantit pas à elle seule la stabilité de l’ensemble. La réhabilitation d’une turbine peut améliorer la disponibilité de la production, tandis que le remplacement d’isolateurs peut réduire certains incidents sur une ligne de transport. Mais d’autres problèmes peuvent subsister dans les transformateurs, les postes de distribution, les protections électriques ou les réseaux desservant les quartiers. Une solution durable nécessite donc une évaluation globale du système, depuis la production jusqu’aux abonnés. Elle suppose également un programme de maintenance préventive, des pièces de rechange disponibles et un suivi régulier des performances. L’une des conséquences les plus préoccupantes des interruptions électriques à Kalemie concerne l’approvisionnement en eau potable. Au cours du mois d’octobre, des difficultés de distribution d’eau ont été rapportées dans plusieurs quartiers pendant les perturbations liées à Bendera. Le fonctionnement des installations de pompage et de traitement dépend notamment de la disponibilité d’une alimentation électrique suffisante. Lorsque cette alimentation est interrompue et que les dispositifs de secours ne permettent pas d’assurer la continuité du service, la distribution peut être perturbée. Certains habitants ont été amenés à chercher de l’eau dans le lac Tanganyika ou dans la rivière Lukuga, une situation qui soulève des préoccupations sanitaires lorsque cette eau n’est pas convenablement traitée. La sécurisation de l’alimentation électrique des installations de la REGIDESO apparaît donc comme un enjeu majeur. Il convient cependant de distinguer les interruptions liées au courant des autres difficultés éventuelles du réseau d’eau, qui nécessitent également un diagnostic propre. Dans les établissements de santé, une alimentation électrique fiable est nécessaire au fonctionnement de nombreux équipements, à l’éclairage et à la conservation de certains produits médicaux. Les dispositifs de secours peuvent limiter les conséquences des coupures, mais leur efficacité dépend de leur capacité, de leur entretien et de la disponibilité du carburant ou d’autres sources d’énergie. Pour les commerçants et les petites entreprises, les interruptions peuvent perturber la réfrigération, la transformation des produits, les services informatiques et les activités nécessitant des machines électriques. Les ménages doivent, de leur côté, adapter leurs activités quotidiennes aux périodes de disponibilité du courant. Ces effets méritent d’être mesurés à travers des témoignages et des données : heures de travail perdues, dépenses supplémentaires en carburant, pertes de marchandises et interruptions de services. À ce stade, aucun bilan chiffré global de ces conséquences n’est établi dans ce dossier. Une amélioration durable de la desserte suppose d’abord d’identifier les équipements les plus vulnérables. La modernisation peut concerner les groupes de production de Bendera, les systèmes de protection, les transformateurs, les isolateurs et les autres éléments essentiels de la ligne haute tension. Un plan d’investissement hiérarchisé permettrait de distinguer les réparations urgentes des travaux de réhabilitation à moyen et long terme. Pour les abonnés, la publication des objectifs techniques et des échéances offrirait une meilleure visibilité sur les améliorations attendues. La maintenance ne devrait pas se limiter aux interventions réalisées après une panne. Des inspections programmées, des essais techniques et le remplacement anticipé des composants présentant des signes de dégradation peuvent contribuer à réduire le risque d’incidents. La disponibilité des pièces de rechange et la formation continue des équipes techniques sont également importantes. Un suivi public d’indicateurs simples, comme la fréquence et la durée des interruptions, permettrait d’évaluer les progrès réalisés. La dépendance à une infrastructure majeure expose une ville à des perturbations importantes lorsque celle-ci doit être arrêtée pour entretien ou réparation. À moyen et long terme, l’étude de sources complémentaires d’électricité pourrait contribuer à améliorer la résilience de Kalemie. Selon les besoins et les contraintes techniques, ces solutions pourraient inclure des installations solaires avec stockage, des capacités de secours adaptées ou d’autres projets énergétiques. Ces possibilités nécessitent toutefois des études de faisabilité, des évaluations financières et une intégration technique au réseau existant. Il ne serait pas sérieux de présenter une technologie particulière comme une solution immédiate sans connaître les besoins réels en puissance et les capacités disponibles. La continuité électrique des établissements de santé, des installations de distribution d’eau et d’autres services prioritaires devrait faire l’objet d’une planification spécifique. Lors des travaux annoncés au début du mois d’octobre, la SNEL avait évoqué le recours à un groupe électrogène de 500 kVA installé au poste haute tension de Lukuga pour alimenter certains points stratégiques. Une question demeure : quelle capacité de secours est réellement nécessaire pour garantir le fonctionnement des services essentiels pendant les interruptions prolongées ? Un inventaire des besoins, accompagné de dispositifs de secours correctement dimensionnés, permettrait de mieux préparer les établissements concernés. La modernisation d’un réseau électrique nécessite des ressources financières, mais également une planification claire. Les autorités et les gestionnaires du secteur pourraient rendre publics les principaux investissements programmés, les équipements concernés, les délais prévisionnels et les objectifs de qualité de service. Cette transparence permettrait aux abonnés de distinguer les travaux d’urgence des projets destinés à améliorer durablement l’approvisionnement. Elle faciliterait aussi l’évaluation des résultats après chaque intervention. Pour approfondir ce dossier, TRACE Kalemie entend notamment rechercher des réponses aux interrogations suivantes : Les réponses de la SNEL et des autorités compétentes permettront de préciser les responsabilités techniques, les investissements nécessaires et les échéances envisageables. À Kalemie, la question de l’électricité ne se limite plus à la date de la prochaine remise sous tension. Elle concerne la capacité du système à fournir un courant suffisamment régulier pour permettre aux habitants de travailler, aux entreprises de fonctionner et aux services essentiels de poursuivre leurs activités. Les travaux entrepris à Bendera et sur la ligne de transport constituent des interventions importantes, mais leur impact devra être apprécié à travers l’évolution réelle de la desserte. La solution durable passera vraisemblablement par une combinaison de mesures : diagnostic complet, maintenance préventive, modernisation des équipements, investissements transparents et sécurisation des services essentiels. Pour les habitants, le résultat attendu reste concret : moins de coupures, une tension plus stable et une meilleure prévisibilité de l’approvisionnement électrique. La Rédaction | TRACE KalemieBendera, une infrastructure au centre de l’approvisionnement de Kalemie
Vétusté des équipements : quel est l’état réel des installations ?
Pourquoi les travaux successifs ne suffisent-ils pas toujours ?
La pénurie d’électricité aggrave les difficultés d’accès à l’eau
Hôpitaux, commerces et ménages : les conséquences d’un courant instable
Première piste : moderniser les équipements de production et de transport
Deuxième piste : renforcer la maintenance préventive
Troisième piste : diversifier et sécuriser les sources d’alimentation
Quatrième piste : protéger les services essentiels
Cinquième piste : rendre les investissements et les résultats mesurables
La SNEL attendue sur plusieurs questions
Au-delà des réparations, l’attente d’un service durable
Kalemie face aux coupures répétées d’électricité : quelles solutions durables pour sortir de la crise ?
À Kalemie, dans la province du Tanganyika, les interruptions répétées de l’électricité alimentent les préoccupations des ménages, des commerçants et des responsables de services essentiels....

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